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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 07:07
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 16:51
PETITS INSULAIRES;
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PETITS INSULAIRES;

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 06:29
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 07:17
Venue du noir.

Œuvre : Barbara Kroll.

Voyeur, c’est ainsi que l’on vous nomme vous qui, continuellement, aiguisez la pupille de vos yeux pour y loger, du monde, tout ce qui veut bien faire image, produire du sens, allumer la sombre torche d’une métaphysique. Toujours étrange cette survenue dans la vie de l’autre. Vous, Voyeur, passez dans la rue. Vous êtes un anonyme dans la foule des Passants, quelqu’un qu’on ne remarque pas, une sorte d’invisibilité satisfaite de sa propre absence. Personne ne vous remarque. Ni les Egarés de la Promenade, ni Cette Femme derrière la vitre de la Taberna, ce café à la mode où l’on boit beaucoup, l’on fume souvent, l’on rêve toujours.

Entrer à la Taberna, pour quiconque, c’est un peu perdre son âme, la confier aux bons soins de Méphistophélès, ce prince de l’Enfer qui vous placera sous sa domination et alors il vous sera impossible de vous soustraire à son désir, à ses sombres desseins. Du moins en supputez-vous l’immarcescible présence. Possédée, vous l’êtes de l’intérieur et cela fait en vous d’étranges remuements, de bizarres circonvolutions comme si votre esprit lui-même avait subi une torsion, s’était vrillé afin de coïncider avec l’image fuligineuse du Malin. Dans l’enceinte de votre corps, vous, Venue-du-noir, il y a comme un sabbat, une subtile giration, un désordre si exact qu’il finirait par devenir pure harmonie, déclinaison d’une juste mesure des choses alors qu’il n’en est que la peau retournée et ses nervures sont saillantes qui vous érodent du dedans. Vous devriez être blessée, vous sentir affectée par cette aliénation, regimber, vous révolter, saisir de vos ongles aigus votre nasse de peau et la jeter comme une guenille sur l’ombre du Mal afin qu’emprisonnée, elle pût se dissoudre dans les brumes de l’inconscient et n’y paraisse plus qu’à la mesure d’un lointain cauchemar, d’une entité si impalpable qu’elle en deviendrait irréelle, simple sensation mourant de sa propre vacuité. Mais, en réalité, foncièrement, vous avez besoin du Mal, de ses scories purulentes, des idées sauvages qu’il lance en vous : tuer un innocent, porter en Place de Grève ceux qui vous contrarient, faire un autodafé des amants que vous auriez voulu posséder, qui ne vous ont même pas gratifiée du moindre regard. Juste un battement de cil, une esquive, un rapide pas de deux, une fuite et la braise incandescente soudée à votre ventre. De dépit. De désir, cette insoutenable logique qui vous conduira à la mort faute d’avoir été portée à sa résolution. La tension est vive qui vous écartèle, part de la racine de vos cheveux, perce la lentille de votre ombilic, s’étoile, irradie, incendie la bogue de votre sexe, allume ses feux dans les nerfs, fait se cambrer le rubis de vos orteils, vous cloue au pilori. Rien ne sera plus visible, rien ne sera plus préhensible, rien ne sera plus audible le temps que durera ce flux immonde qui balaie vos reins à la manière d’une pluie de météorites. Vous n’êtes plus aux autres, ni à vous-même, vous êtes happée dans la gueule d’un four rubescent et la geôle est étroite qui serre vos tempes, laboure les sillons de vos cheveux, glace votre front de ce bitume visqueux. Et vos yeux, ces gouffres sans fond, ces avens battus par la pluie incessante du délaissement, cette rhétorique tragique qui ne dit son nom, qui hurle en silence, qui creuse sans fin les orbites du péché non consommé mais violemment souhaité, fiché comme un pieu dans le derme compact de la douleur. Venue-du-noir, vous êtes cette constante déchirure, cette plaie ouverte, cette chair offerte au monde que nul ne vient butiner, si ce n’est la cohorte purulente des mouches, les odeurs fortes du tabac, le peuple véhément des joueurs de cartes et des visiteurs pressés.

Là, dans les allées et venues incessantes des Paumés, là dans la touffeur de l’atmosphère chargée de remugles d’alcool, là dans le déhanchement des bassins et le frémissement des croupes, vous vous employez à débusquer le Malin, à faire en sorte qu’enfin incarné, Cette Fille, Ce Jeune homme, il ne puisse vous échapper et qu’il se soumette à votre volonté. A la différence du Docteur Faust vous ne chercheriez nullement à lui vendre votre âme, mais c’est de la sienne que vous voudriez vous emparer afin que, le Mal vous habitant à la façon d’une incontournable essence, vous puissiez le placer en votre pouvoir et vous acharner à détruire tout ce qui peut l’être, votre seule finalité dans ce monde incompréhensible. « Je suis l'esprit qui toujours nie ; et c'est avec justice : car tout ce qui existe mérite d'être détruit, il serait donc mieux que rien n'existât ». Ici ce sont les paroles de Méphistophélès que vous reprenez à votre compte car, Venue-du-noir, de l’ombre primordiale, ce que vous souhaitez c’est de vous immoler en même temps qu’immoler les autres, le monde afin que rien ne demeurât de vos tourments. Mais, Venue-du-noir, pourquoi vous berner ainsi, pourquoi donc vous jouer la comédie ? Jamais vous ne détruirez le désir. Le désir survit toujours à la mort tout simplement parce qu’il est synonyme de vie. Or, jamais la vie ne meurt, seulement la mort est mortelle. Tautologie qui sonne comme la vérité qu’elle est, à savoir un incontournable. Le langage possède sa propre logique, le réel aussi.

Le Malin n’existe pas. Pas plus de Méphistophélès que de Lucifer ou de Belzébuth. Chimères que tout cela. Inventions pour déporter de soi ce mal qui entaille et érode la conscience, assombrit la lucidité, réduit comme peau de chagrin l’estime de soi, ponce jusqu’à la trame la belle et ouverte silhouette, l’esquisse heureuse que l’on veut tendre au monde comme si l’on n’était que blanche écume, nuage diaphane, courbure du cygne sur fond d’Albion, de falaise translucide. Le Malin n’est jamais le Diable ou quelque figure mythologique trouvant à figurer parmi les hommes et les femmes. Le Malin c’est la tension irrésolue d’elle, Venue-du-noir, mais aussi de Vous, Voyeur, dont les désirs réciproques meurent sur la margelle du réel faute d’avoir été comblés et portés au faîte d’une immédiate et rayonnante gloire. Car, comment aimer Cette Femme sans que le désir fasse sa coruscante étincelle ? Comment aimer cet Homme-là, sur-le-champ, sans crucifier sa pudeur, clouer sa morale sur la planche du vice et renoncer à son image de femme droite, à la haute conscience, aux yeux éclairés de beauté ?

Car le don de soi, sauf dans l’orbe de la religion ou de l’art est toujours entaché d’une intention mauvaise, de l’effectuation d’un plaisir immédiat, de l’effervescence d’un ego alloué à sa propre et unique satisfaction. Jamais le don de soi pour l’autre. Toujours le don de soi à soi et l’autre … de surcroît. Pour cette raison uniquement d’une conscience confuse du péché, Voyeur passe sans voir, Venue-du-noir se sait possiblement vue sans qu’aucun événement ne survienne, qu’une lumière ne s’allume au faîte d’une confondante attente. Chacun sur son quant-à-soi. Chacun dans sa forteresse. Chacun dans sa solitude. C’est ainsi, la solitude est la pierre angulaire du désir. Nous reposons sur ses fondements, lesquels ne sont jamais accessibles, toujours hallucinés. De Voyeur à Venue-du-noir, l’écart d’une impasse, l’aporie d’un glissement réciproque sans halte aucune, le site d’une quasi-impossibilité. JE est JE avant d’être un AUTRE. Rien à penser hors ceci que le silence du vide et son assourdissante mélopée !

Published by Blanc Seing - dans L'Instant Métaphysique.
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 07:00
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 06:40
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 07:05
Le point phosphoreux.

J’ai posé pour DH.

Œuvre : André Maynet.

« CERTAINEMENT L'INSPIRATION EXISTE.

Et il y a un point phosphoreux où toute la réalité se retrouve, mais changée, métamorphosée, - et par quoi ?? - un point de magique utilisation des choses. Et je crois aux aérolithes mentaux, à des cosmogonies individuelles. »

Antonin Artaud in "L'ombilic des Limbes", Poésie, Gallimard.

Poser pour…

« J’ai posé pour DH ». Ici, sur cette surface dépouillée, nous avons un Modèle qui dit avoir « posé pour DH ». Avoir posé pour une Artiste donc. Mais que veut donc dire « poser pour » ? Est-ce simplement le fait d’être présente corporellement, anatomiquement devant le Peintre et demeurer en soi le temps que l’œuvre naisse et trouve sa forme, sa qualité apparitionnelle ? Le Modèle est-il assimilable à un simple objet, masque de plâtre, par exemple, qui servirait de support à une proposition plastique de l’ordre de la mimèsis des Antiques, à savoir la reproduction fidèle de ce qui se donne à voir ? Certes, cette Jeune Femme dans sa simplicité, son dénuement, pourrait faire penser à l’esquisse de terre blanche que constitue tout biscuit que ne recouvre aucun glacis, que ne modifie nulle couleur. Certes cette Simplicité pourrait être reproduite à l’identique, genre de fac-similé, de copie de l’original. Mais l’on sent bien ici que cette conception de restitution fidèle du réel paraît en porte-à-faux avec ce qu’est l’esthétique contemporaine qui, loin de se contenter d’une simple reproduction des formes en recherche la polyphonie, l’expression multiple, la chatoyante rhétorique. Si les Classiques s’adonnaient avec passion à calquer le moindre trait signifiant, le velouté de la peau, la courbe d’une joue, l’anse parfaite d’une hanche, l’harmonieuse flexion du pied sur le sol, une représentation exacte du donné immédiat d’une chose ou d’une personne, il en va différemment pour les Modernes qui ont subverti les formes pour en faire une matière souple, inconditionnée, exempte de contraintes, capable de vivre selon sa fantaisie, l’inspiration de l’instant, la pente d’un état d’âme, la coloration d’une conception du monde, ce monde singulier qui habite chacun et ne saurait se confondre avec nul autre. Créer de cette façon, soumettre le réel à quantité de torsions, d’angles, de perspectives, d’éclatements successifs, de fragments polychromes, voici la marque insigne d’une liberté en même temps qu’un surgissement de l’art dans ce qui en constitue l’essence, une autonomie souveraine, le tutoiement d’un absolu par lequel il parvient au sommet de ce que son langage a à dire.

Inspiration.

Je soulignai, à l’instant, le mot inspiration de manière à rejoindre le propos d’Artaud - ce génial inventeur de formes idéelles aussi bien que langagières, que scéniques -, Artaud qui la fait naitre, l’inspiration, d’un étrange et onirique point phosphoreux, autrement dit d’une ignition spirituelle, d’une flamme intellective, d’une combustion selon laquelle la création est appelée à paraître en ce qu’elle a de plus précieux, cet aérolithe mental qui flirte avec l’indicible, l’invisible dont toute œuvre d’art suppose l’incroyable monstration. Comment, alors, débouchant avec l’auteur de L’ombilic des limbes sur cette pierre philosophale brillant de son inépuisable énergie, ne pas faire place à la magie, à son pouvoir de transsubstantiation, sa capacité à quintessencier le modeste, l’inapparent, l’inaperçu et d’en donner une ébauche dont la mobilité, le sublime, la substance extra-spatio-temporelle constitue le propre même d’un chemin en direction d’une transcendance ? Comment ne pas se sentir attiré par cette cosmogonie individuelle qui nous constitue en propre, que l’action du génie créateur nous livre à la manière d’une révélation, vers cette autre cosmogonie dont la toile est le support, le centre d’irradiation, la source inépuisable de sens ? Car cela même qui apparaît maintenant sur la face du subjectile (voir, plus bas, les déclinaisons du Modèle tels que je les suppose au travers des représentations de Douni Hou dont il est ici question), ce n’est plus le Modèle incarné, vivant, existentiel, avec ses soucis et ses peines, ses joies et ses manques, ses prédicats singuliers qui en fixent l’inamovible quadrature comme une chose fixe, immuable, une étoile clouée au ciel d’une nécessité.

Métamorphose.

Bien au contraire. C’est ce qu’Artaud veut évoquer dans la belle langue qui est la sienne lorsqu’il fait signe en direction de la réalité (qui) se retrouve, mais changée, métamorphosée. Oui, métamorphosée car le chiffre de cet événement hors du commun, l’exceptionnelle mutabilité de la présence, cette tripartition temporelle passé-présent-futur trouvant à s’actualiser dans le procès même qui la porte au jour, la métamorphose donc est la matière façonnée par l’Artiste, portée à l’incandescence, cette imago terminale au travers de laquelle il donne site à l’immatérielle apparition, à la désocclusion du secret, mais en termes cryptés seulement accessibles à une interprétation, à une activité herméneutique car toute œuvre portée à son acmé est un texte sacré dont il convient de lire l’essence. Ce qui veut dire que se porter en tant que déchiffreur d’une oeuvre suppose le recul nécessaire, l’effort indispensable, la réflexion approfondie. L’art n’est pas une donnée immédiate de la conscience pour utiliser le lexique bergsonien, l’art bien au contraire est le fruit d’une longue élaboration, d’une maturation, d’une fécondation d’un germe initial dont il convient de moissonner le sens profond. L’épi ne lève jamais qu’au terme d’un long processus de croissance. Métaphoriquement il est l’égal d’une huile lourde, d’un pétrole métabolisé le long de milliers d’années, image d’une culture en devenir ne se révélant qu’au terme d’une infinie méditation.

Le Modèle dans deux œuvres de Douni Hou.

Vraiment, nous ne savons jamais comment une toile est née, le résultat de quelle alchimie elle est la figure, les raisons qui ont abouti à cette forme plutôt qu’à telle autre. Et l’Artiste lui-même a-t-il la connaissance des voies par lesquelles sa conscience, mais aussi son inconscient ont abouti à délivrer l’œuvre telle qu’elle est ? Processus si complexe qu’il nous dépasse comme il excède les possibilités d’analyse de son Créateur. Sans doute faut-il, à tout essai de représenter le monde, cette part d’obscurité, de mystère sans laquelle l’art ne serait pas art puisqu’il n’illustrerait que la réalité reconduite à ses propres fondements, cette terre compacte, cette argile sourde dont le ciel serait absent, dont la fécondation ne pourrait avoir lieu faute de distance, d’envol, de transition, de passage, tous phénomènes signant la présence d’une mutabilité des choses dont la métamorphose est le subtil opérateur.

Ainsi pouvons-nous facilement imaginer la fonction de convertisseur du génie créateur, lequel s’emparant d’une forme, ce Modèle par exemple, en donne une vision renouvelée, tremplin de ressourcement infini pour qui sait se confier à son écoute, entendre son chant souterrain.

Le point phosphoreux.

« Piqûre et coupure ».

Par quel hasard, quel stratagème, l’Artiste est-elle arrivée à faire de son Modèle cette figurante de cirque (le praticable du Monde ?) que des hallebardes cernent, découpant sa silhouette sur la planche qui la porte et semble la soumettre à un destin aveugle ? Image de la femme qu’elle est (qui : le Modèle, l’Artiste, la Femme-archétype ?), représentation intériorisée qui voudrait dire la soumission, le sacrifice librement consenti ou bien l’acceptation d’une tâche nourricière combien ingrate, ou bien encore simulacre, pure magie, illusion, tour de prestidigitateur ? Et la petite Funambule qui, sur le côté de l’image, semble en jouer le contrepoint, que nous dit-elle de celle qui, clouée sur son fond, vit son aporie existentielle avec la dévotion qui s’assimile à celle d’une sainte pour le moins assurée de sa curieuse servitude ? Que nous dit-elle : l’interprétation des deux images mises en abîme, passé d’enfant et présent d’adulte confondus ? Libre jeu insouciant de la petite danseuse que la donation verticale d’un genre de persécution porterait à notre connaissance avec le caractère de l’insupportable, le rejet de toute aliénation en constituant le logique épilogue ? Ici, l’art rejoint sa fonction subversive, aiguillonne notre inclination à la rébellion.

Le point phosphoreux.

« Petite cicatrice ».

Et ici, cette « petite cicatrice » mettant à nu le Modèle, en donnant une version de l’écorché de salle d’anatomie, en quoi cette œuvre concerne-t-elle encore le réel avec pertinence ? Mais poser la question sous cette forme c’est la destiner à une illisibilité qui provient de sa propre aporie. Cette image ne saurait nullement représenter le réel puisque, par définition, l’art n’est pas le réel mais, éventuellement sa transposition, sa conversion, son déplacement, sa paraphrase. Il n’y a jamais analogie lexicale ou sémantique, cohésion terme à terme entre l’art et le réel auquel il est supposé renvoyer. Ici, avec l’image, c’est un autre monde qui s’ouvre et nous livre son efflorescence. Combien le Modèle initial, existant d’âme et de chair, est loin de ce qui apparaît là, dans le cercle attentif des Voyeuses avec l’explication du Maître. Et encore une fois (voir un autre article sur l’œuvre de Douni Hou : « De la mouche à l’escargot : la finitude ».) le rapprochement ne peut manquer de se faire avec la célèbre Leçon d’anatomie du Docteur Tulp de Rembrandt.

Bien évidemment, à partir d’ici peuvent s’élaborer toutes les interprétations imaginables, depuis la psychanalytique jusqu’à l’esthétique en passant par la linguistique, la position du signifiant par rapport au signifié, posture structuraliste s’il en est. Cependant toute cette gymnastique intellectuelle ne nous éclaire nullement sur les rapports du Peintre et de son Modèle. Mieux vaudrait, dans cette intention, aller du côté de Picasso et de ses innombrables variations sur ce thème. Picasso, génial jongleur des formes, initiateur des multiples métamorphoses de l’art. La réponse est là, dans la manifestation des traces esthétiques en leur essence qui, non seulement s’adressent au Modèle, à l’Artiste qui en est l’habile médiateur, mais aussi à l’histoire de la société, à son évolution, au concept de mode et de modernité, toute une contextualisation par laquelle l’œuvre paraît comme ce qu’elle est, à savoir l’unique perception d’un instant situé dans une frise spatiale et temporelle que le génie nous offre comme la pépite qu’il révèle aux yeux de ceux qui cherchent un sens à l’existence.

C’est l’inaperçu et actif point phosphoreux artaudien qui a porté au paraître ce qui n’était qu’en réserve, attendant de rencontrer les hommes, les femmes que nous sommes, toujours pressés, impatients d’archiver dans les replis de la mémoire, les cataractes d’images qui s’y animent de leur effervescence multiple. Nous voulons voir DANS le réel têtu ce qui s’impatiente de se présenter à nous, qui n’est que l’écho de notre propre cosmogonie : l’art en son invisible présence toujours situé HORS du réel !

Invisible présence de l’Artiste.

Parlant de J’ai posé pour DH, en fait je n’ai guère évoqué que DH en rapport avec son Modèle, occultant Celui qui était à l’origine de l’œuvre : AM. Subtile dissolution, étrange transparence, reflet en miroir d’un Artiste reflétant un autre Artiste, reflétant un Modèle, reflétant les Voyeurs, reflétant l’Art. Conflagration de reflets. L’art est ceci, cette illusion si fascinante qu’elle déteint le réel et prend sa place comme la chose qui devient essentielle à nos yeux, nécessaire à notre entendement, précieuse à nos cœurs. Rien d’autre à lui substituer que LUI-MÊME !

Published by Blanc Seing - dans ART
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:49
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.
PETITS INSULAIRES.

PETITS INSULAIRES.

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:41
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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 06:47
Hymne à la joie.

Photographie : Gilles Jucla.

Avant.

C’est peu avant l’exactitude du jour, lorsque les choses sont au repos, que les hommes sommeillent. Le temps n’a pas encore déroulé son ruban de lumière et des restes de nuit s’accrochent encore aux arbres, ourlent les toits d’une ombre couleur de zinc. On est en soi, lové au creux de sa chair et l’on sent le sang battre, pareil à une marée lointaine. Devant la bouche, juste une hésitante vapeur. Yeux embrumés, tube des doigts engourdis, jambes roides du rêve encore présent. C’est si difficile de se dégager du songe, de surgir en plein ciel dans la meute de clarté blanche ! Ici, où l’on est, mince trait dans le concert de la Terre, on ne sait pas vraiment qui l’on est, la position que l’on occupe. Levant ? Couchant ? Peu importe la localisation, le chant de l’heure, la désorientation de la boussole. Être là seulement, pour la toute première fois et en savoir le prix, en apprécier la densité, en soupeser le poids si rare, ce léger pincement qui s’immisce à la pliure de l’âme et y imprime son bruissement de fontaine. On est seul, immensément seul et l’univers n’est qu’une théorie, une maille dans la toile libre des jours, une écume flottant à la dérive, seulement occupée d’elle-même, un clapotis qui, bientôt s’effacera mais aura connu une multiple splendeur. On n’ose bouger. On n’ose même pas penser de peur que le charme ne s’efface, que le silence soudain habité de rumeurs ne plante sa dague dans la dure-mère et y ouvre les sillons carmin du doute, n’y allume les flammes vives de la peur. Car il faut demeurer en soi et ne point faire effraction vers ce dehors qui serait menaçant à seulement y figurer dans la précipitation, à y paraître dans la figure de l’égaré, de l’inconscient ou bien dans l’outrageuse présence du héros, du combattant, du guerrier.

Pendant.

On est au pied de la dune, tout près des éboulis de sable, ces rapides lézardes qui parcourent le sol de leur infinie et belle marbrure. A droite, à gauche, à la limite des talus couleur de sanguine, la tête échevelée des oyats qu’un vent léger visite avec la grâce d’un jeune enfant. Jeu innocent du monde en train de s’éployer au-dessous de la conscience des hommes, à la lisière de leurs soucis, là où commence le souffle bleu de la Métaphysique. C’est si imperceptible une sensation, c’est si subtil une perception qui longe les blancs axones à l’aune de ses étincelles rapides et sa diffusion instantanée sur le givre étoilé du cortex ! Pure fluence, inscription invisible dans la texture du souvenir. Mais, si l’esprit oublie, le corps, lui, en est longuement marqué et cette ascension parmi les grains de poussière grise trouvera son site et son recueil en quelque endroit secret. Résurgence toujours possible au moment où l’on s’y attend le moins, dans la seconde mélancolique ou bien son harmonique, l’effusion lyrique, l’arche ouverte de la félicité, l’hymne à la joie qui court en sourdine dans toute rencontre amoureuse. Car, être ici, tout près du rythme clair des marches de bois poncées par une douce lumière, à contre-jour des contingences humaines, c’est, en quelque sorte, devenir soi-en-totalité et en sentir a dilatation au plein de l’événement. C’est devenir l’autre par lequel on est au monde : cette femme, ce paysage en attente de révélation, cette échelle à grimper en direction des étoiles. Mais alors, comment ne pas reconnaître là le mythe ascensionnel que comporte toute action d’élévation en direction du ciel dès l’instant où le geste paraît essentiel, poinçonné au sceau de quelque origine ? C’est ainsi, toute première fois est le lieu d’un pur mystère. Aussi bien celui de l’amante, aussi bien de la nature en son incroyable capacité de déploiement.

On est là, pieds nus, dans l’atmosphère prise de stupeur. On pose ses coussins de chair bien à plat sur les dalles de bois. Entre les boules des orteils, souvent un glissement de sable, un poudroiement d’or, une coulure d’air annonçant déjà ce que sera l’étonnement, tout là-haut, près de la courbe appuyée de l’éther. Ça crisse sous la voûte plantaire, ça fait son craquement de fibres serrées, ça invite à la progression. Dans le calme, la patience, la sérénité sans lesquelles la joie demeurerait scellée à son orbe immatériel, soudée à son socle insaisissable. C’est toujours une longue patience que celle de la rencontre qui va ouvrir un monde et le tressaillement des rémiges est encore haut qui parvient à peine à soi ou alors à la manière de signes incompréhensibles, cliquetis de morse se confondant avec la texture mobile des choses. Maintenant l’air fraîchit, le vent devient perceptible, dans le genre d’un tourbillon qui voudrait forer la cochlée, s’invaginer au plus profond du corps. Bientôt la dernière marche, l’ultime ressac de sable, le mince rempart au-delà duquel surgira l’inconnu, fulgurera la lumière dans un éblouissement blanc, un vertige vertical. La dune s’est métamorphosée en une large vallée glaciaire que tapisse une herbe courte au travers de laquelle, parfois, clignotent des brisures de silex, se meuvent silencieusement des troupeaux de pierres claires. Sur la droite, à l’angle extrême de l’image, une procession de rochers noirs que couronne la digue des nuages, leur ventre lourd à la consistance laineuse. Quelques nappes plus sourdes, au loin, pareilles à des ponctuations, à une encre qui rehausserait le vide pur, sa cambrure au-delà du réel. A la lisière de l’herbe et du ciel les flammes noires de cyprès violentés par la force imparable du vide. Oui, du vide car à la limite où peut porter le regard règne une indistinction que l’on croirait affiliée au néant, soudée à une angoisse primordiale. Mais ouverte, porteuse d’un accroissement de soi, non déterminée à imposer un registre de fermeture. L’océan à l’horizon est une plaque d’étain brillante que zèbrent des courants qu’on croirait nuées de cendre, éparpillement de radicelles d’eau dans la fuite du jour. Serait-ce là l’image de l’infini - cet irreprésentable pour toute intellection -, qui aurait trouvé le site où faire son intouchable efflorescence ? Soudain l’on est saisi au cœur de soi, l’on est la pierre et le vent, la brume diaphane et l’herbe parcourue de frissons, la torche des cyprès et le miroitement des vagues, cet alphabet qui connaît le monde au rythme de son flux, au retrait de son reflux. On est aimanté. Un vibrant magnétisme irradie le lieu comme si l’on était au centre même du Pôle, tout en haut du grand dôme de la Terre, traversé d’aurores boréales et illuminé par la lueur translucide des glaciers. On demeure là, longtemps, face à la pure poésie, au paysage fait œuvre d’art, à la matière transmuée en esprit et l’on ferme les yeux sur ce cirque enchanté et c’est la joie qui coule dans les veines, en glace la ramure, et c’est un chant intérieur qui dure longtemps, qui, jamais, ne s’effacera.

Après.

On est redescendu sur terre. On franchit l’escalier de bois à rebours. On se sent léger, très léger comme si l’on était un flocon pris dans la résille claire du blizzard. Il y a quelque chose de nouveau, peut-être le crépitement d’une source dans la nuit d’une crypte, peut-être le flottement d’une nuée invisible en arrière du front, peut-être un grésillement qui fait l’ombilic bavard et les oreilles habitées de luxe. Oui, assurément, il y a quelque chose…

Published by Blanc Seing - dans PHOTOSYNTHESES
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