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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 13:04

 

   Le Mal, rarement nous le percevons en soi, pour la simple raison que l’idée même que l’on en a, nous la repoussons comme s’il s’agissait de la Peste et du Choléra réunis. Il est donc nécessaire de le mettre en perspective, à savoir de le jauger à l’aune d’une position dialectique.

 

Noir sur noir ne dit rien.

Blanc sur blanc ne dit rien.

Seuls parlent Noir sur Blanc.

Blanc sur Noir.

  

   Å la fin de faire paraître le Mal en sa plus effective réalité, nous le confronterons à ses antonymes éternels : Le Bien, Le Beau. C’est seulement à l’aune de ce violent contraste que le Mal se donnera comme ce qu’il est : une indépassable aporie.

  

   Le Bien

 

   Nous n’avons nulle difficulté à nous le représenter. Sa signification est ouverte, immédiate. Il peut trouver son illustration dans le personnage de Socrate, lui l’homme exemplaire que l’oracle de Delphes désigna comme le plus sage des humains. Nous comprenons ce qu’est la vertu, comment elle exige une existence droite, simple, à l’écart des manigances et des faux-semblants.

 

   Le Beau

 

   Nous le percevons d’emblée. Nous regardons la statue d’Apollon et nous sommes de plain-pied avec la beauté, la beauté physique appelant la beauté morale. Nous n’avons nul besoin d’explication, la perception directe suffit à nous assurer que nous sommes bien en présence de ce qui est grand, aimable, parfait. Avec le Bien, le Beau, c’est notre conscient qui est à l’œuvre, C’est notre lucidité, la justesse de notre regard qui décident d’accorder à ces vertus le privilège dont elles sont naturellement investies.

  Nul étonnement, nulle surprise à en découvrir l’inestimable valeur, à en ressentir au plein de soi la douceur de nacre, l’onctuosité, une écume qui coule en nous, nous met en contact avec le plus précieux de nous-mêmes. Toujours avec les choses essentielles, toujours avec les choses qui nous élèvent, nous sommes au plus près d’elles, au plus près de nous car c’est en vérité que nous sommes alors et nous n’avons plus à chercher puisque nous sommes comblés et notre plénitude est assurée, et notre joie est entière. Là où nous sommes démis de nous-mêmes, déportés en dehors de notre être, c’est lorsque s’absentent Le Bien, Le Beau pour ne laisser place qu’à une immense vacuité. Elle a pour nom Le Mal et pour tout horizon Le Néant.

 

   Le Mal, nous ne savons trop quelle est sa nature. Le Mal n’a nulle essence, il existe seulement

et se pose sur les hommes comme cette terrible fatalité qui réduit au Rien ceux qui y sont confrontés. Le Mal, tout comme Méduse, est personnification de tout ce qui est négatif. Le Mal, tout comme la mortelle Gorgone, possède une chevelure formée de serpents et métamorphose en pierre ceux qui ont le malheur de croiser son chemin. Le Mal ne sourit de sa bouche dentue qu’à mieux vous manduquer, qu’à mieux vous déglutir et vous jeter aux Enfers, là où vous demeurerez pour l’Eternité.

   Le Mal, on ne sait pas vraiment ce qu’il est, il est si réfugié dans la nasse de l’inconscient, tapi parfois derrière un sourire, dissimulé par une soi-disant bonne intention, mais il veille et ne vous laissera de repos qu’une fois que votre âme aura séché à la manière d’une vieille racine.

 

Le Mal, on lui donne noms et visages.

L’Histoire en dessine les formes :

Caligula et sa folie meurtrière ;

Gilles de Rais qui moissonna

les têtes de 140 enfants ;

La Voisin et l’affaire des poisons ;

Pol Pot le tortionnaire du Cambodge ;

Ben Laden qui, un 11 Septembre,

décréta la mort  du monde occidental

 

Le Mal On lui attribue aussi

des formes invisibles,

Microbes et Virus

 Peste, Choléra

On lui destine  

Des noms bizarres  

Abstraits :

SRAS

H1N1 2009

H5N1 en Asie

EBOLA en Afrique

COVID 19 pour le Monde entier

 

 

  Le Mal, seuls les symptômes se montrent et disent la grande détresse humaine face à l’invisible menace qu’il constitue. Le Mal ne traverse pas uniquement les corps, ne mutile pas seulement les chairs, il est l’une des composantes majeures du fait littéraire contemporain

 

On le trouve chez Emily Brontë,

pulsion de mort  dans ‘Wuthering Heights’ ;

 

Baudelaire et ses ‘Fleurs vénéneuses’

Lui qui disait dans sa proximité avec Satan :

‘Sans cesse à mes côtés s’agite

Il nage autour de moi comme un air impalpable ;

Je l’avale et le sens qui brûle mon poumon

Et l’emplit d’un désir éternel et coupable.’

 

Puis l’étonnant William Blake

 

Il y a des cheveux en flammes, des chimères et monstres fantasques, de l’humain enchaîné en position d’enfant recroquevillé, des montagnes accablantes ou magiques, des jeunes femmes et des éphèbes rêvant sur des cadavres.’    (Libération – 16 Juin 2009)

 

Puis Sade

Et le déchaînement des passions sans limites.

Toutes les passions sont bonnes

si Dieu n’existe pas !

 

Enfin Kafka

qui fait dire à l’un de ses personnages :

 

‘Que voulez-vous, je suis un homme de loi.

C'est pourquoi je ne peux me libérer du mal.’

 

LE MAL EN L’AUTRE

 

Sartre : ‘L’enfer, c’est les autres’

 

Plutôt le trouver chez les autres qu’en soi.

Pour parodier Sartre :

‘Le Mal, c’est les autres’

‘Le Mal, c’est l’Autre’

Qui me tend des pièges

et m’ouvre la porte du Néant.

L’Autre :

Celui qui me juge

et me condamne,

celui qui contrevient à mes désirs,

celui qui me vole mes biens :

Caligula,

La Voisin,

Pol Pot,

Le SRAS,

La COVID

Tout ce qui,

n’étant nullement moi,

m’aliène et entame ma liberté.

 

   Oui, le Mal est au-dehors, comment ne le serait-il pas ? Il est dehors quand il est à l’extérieur de la conscience, simple force de la Nature en acte. Tout ce qui vit à la surface du globe est placé sous l’irrémédiable sceau de fourches caudines.  Toute vie comporte en elle le germe de la mort.  A peine sommes-nous nés, et déjà nous sentons que le ver est dans le fruit, qu’il lance

ses assauts sournois, qu’il nous conduit irrésistiblement vers cet Inconnu qui nous fascine et nous inquiète tout à la fois. Nous ne sommes vivants qu’à être promis à la Mort, qu’à poser notre tête sur le billot définitif qui aura raison de nous.

   Oui, mais LE MAL est aussi et surtout DEDANS.  C’est parce que LE MAL habite foncièrement l’homme que LE MAL est aussi imprévisible qu’irréductible. LE MAL est violence, haine, jalousie, perversité.  Les 7 péchés capitaux n’épuiseraient nullement le thème des vices dont l’homme est le récipiendaire.  Oui, le Mal est en l’homme, nul besoin d’aller le chercher ailleurs.

Le Bien, le Beau coulent de source, ils sont éclairés et se donnent à voir dans la lumière de la conscience.  L’origine du MAL est plus diffuse, plus cryptée, coutumière des rivages brumeux, fuligineux de l’inconscient

 

   Le problème du MAL humain se pose avec le plus d’acuité lorsqu’il ne se justifie plus au gré de notre héritage limbique-reptilien, c'est-à-dire trouverait explication dans notre inconditionné profond, abyssal, hors de toute raison. La difficulté essentielle concernant LE MAL se pose dès lors qu’il est assumé en pleine conscience, se dotant alors de quelque chose comme une essence, faire LE MAL pour LE MAL

 

Alors LE MAL n’est plus Seulement en l’homme,

Le Mal : c’est l’Homme.

  

   Lourde dette que l’homme paie à sa condition.  Il ne peut s’y soustraire qu’à prodiguer Le Bien, à connaître la Beauté.  Le chemin est long qui est semé d’embûches !

 

Puissent Le Beau, Le Bien triompher de ce Mal qui ne cherche qu’à les hypostasier, à les pervertir.  Sans doute serait-il naïf de prétendre éradiquer le Mal, lui donner la moindre prise serait déjà beaucoup. Mais tenons-nous sur nos gardes,

c’est lorsque le Mal fait ‘pattes de velours’

qu’il devient le plus grand danger

Oui

Le plus grand danger !

 

 

 

 

 

 

 

 

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