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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 13:59
Je t’avais dit ces formes

    Photographie : Gilles Jucla

 

 

 

***

 

 

Je t’avais dit ces formes

 

Tu le savais

Qui m’obsédaient

Elles venaient la nuit

Pareilles à des symptômes

A de circulaires présences

Étaient-elles plus que cela

De réelles réalités

De féminines figures

Surgies au plein

De ma conscience

De possibles amantes

Taraudant mon corps

De la dague du désir

Avant que ne surgisse

Le plaisir en

Ses étonnantes banderilles

 

*

 

Partout cela fusait

Partout cela s’allumait

Longs feux de Bengale

Qui électrisaient mon dos

Lançaient dans les reins

Leurs meutes de folie

 

*

 

Je t’avais dit ces formes

 

Tu le savais

Qui m’inquiétaient

Peut-être l’ordinaire folie

Son pieu planté dans le derme

Et aucune manière d’en sortir

Autrement qu’à les halluciner

A nouveau

A les métamorphoser

En ce qu’elles n’étaient pas

De pures illusions

De simples images

Suspendues

À la margelle de mon front

 

*

 

J’en entendais le bruit

De source lointaine

Percevais la vacuité

D’une origine

Loin très loin

Au-delà des battements

Amniotiques

Dans un pli du Temps

Encore inaccompli

Dans un espace sans lieu

Dans un destin sans esquisse

 

*

 

Je t’avais dit ces formes

 

Tu le savais

Qui foraient mon âme

Jusqu’en son tréfonds

Peut-on jamais saisir

Le nu de ses phantasmes

Cette résille arachnéenne

Dont jamais on ne fait

Se rejoindre les fils

Vois-tu il y a tellement

De brume dense à l’aplomb

Des yeux

Un mur de cataracte

Et l’on ne voit plus

Qu’une image de soi

Recouverte

D’une taie d’oubli

Car le sais-tu

Vivre c’est d’abord

S’oublier

Eviter le jeu

De la fascination

L’EGO est ce danger

Qui toujours nous guette

 

*

 

Voyant ces sublimes rochers

Sans doute des blocs de granit

Ils s’ombrent d’une vaste solitude

Ils meurent dans le noir

Ils sombrent dans le gris

Nullement à l’aune

D’une volonté qui

Leur serait propre

Même la pierre de Sisyphe

Est sous le sceau des dieux

Seulement le silence porté

De nos propres errances

 

*

 

Que seraient donc

Ces diluviennes présences

Si nous ne les regardions

Avec l’œil du conquérant

Nous qui sommes les Bien-Nés

Parmi l’ensemble de la Création

Etaient-elles des symboles

Des puissances

Un élan dans le Ciel

Une poussée de la Terre

Qui n’auraient concouru

Qu’à notre éphémère gloire

Car je te l’avoue

Je me sens si petit

Et ces formes me disent

Ma finitude

A l’aune de leur éternité

Comprends-tu

Nous passons

Et elles demeurent

Entends-tu au moins ceci

Elles demeurent

 

*

 

 

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