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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 10:01

 

A partir d'aujourd'hui, en 10 séquences, vous sera proposé un texte ayant pour titre : "LES COULEURS DU FONDEMENT". Vous y découvrirez, selon vos humeurs et affinités quelques notions sur lesdites couleurs. Si les couleurs "primaires" - Rouge - Vert - Bleu -, sont relativement faciles à appréhender du point de vue du SENS que l'on peut leur attribuer (ROUGEest la couleur du sang, de la passion, du sentiment -- VERT la couleur de la nature, de la croissance -- BLEU la couleur du ciel, de l'esprit, de la pensée), il est loin d'en être de même pour ces couleurs que je nomme "Métaphysiques", à savoir le BLANC, le NOIR et, surtout, le GRIS possédant, à lui seul, une valeur ontologique éminente.

Certes, le sujet énoncé de cette façon, peut paraître abstrait et, sans doute, énigmatique. Cependant il n'est que d'aller faire un tour du côté de ces mystérieuses tonalités pour en percevoir la richesse de sens. Car le sens n'est jamais donné d'emblée. Seulement accessible à ceux qui le cherchent.

  Le texte intégral de cet article sera publié à la fin des parutions partielles de manière à ce qu'une synthèse puisse en être réalisée.

 

 

**************

 

 

Les couleurs du fondement. (1° Partie)

 

 malevitch

Kazimir Malevich - Carré noir sur fond blanc -

Source : Wikipédia.

 

 

Nous mangeons, nous buvons. Nous vivons.

Nous voyageons, nous écrivons. Nous vivons.

Nous lisons, nous fumons. Nous vivons.

Nous aimons, nous rêvons. Nous vivons.

Mais nous N'EXISTONS PAS !

 

Nous mangeons, nous buvons, nous voyageons, nous écrivons, nous lisons, nous fumons, nous aimons, nous rêvons et cela s'appelle VIVRE.

 

"VIVRE", "VIVRE", criait l'Homme-fou et il battait des mains en appelant l'infini.

 

"VIVRE", "VIVRE", criait l'Homme-fou et il faisait sa gigue sur le bord du monde en convoquant l'absolu.

 

"VIVRE", "VIVRE", criait l'Homme-fou et il sautait vers les étoiles en convoquant Dieu.

 

Mais Dieu ne pouvait l'entendre, car l'homme-fou, n'EXISTAIT PAS !

 

Certes, il faisait sa pantomime dans les rues hasardeuses de la ville; certes il courait dans les avenues à la vitesse d'une comète; certes il franchissait beaucoup de carrefours et de ponts, mais L'homme-Fou n'EXISTAIT PAS !

 

Il buvait et l'eau faisait son bruit de fontaine le long de l'œsophage. Il mangeait et l'on entendait les nutriments faire leur cascade vers l'aval. Il aimait et l'on entendait plein de soupirs et de sanglots. L'Homme-Fou était vivant, trop vivant, trop occupé à vivre et négligeait d'exister. Cela veut donc dire qu'il était à peine sorti du néant, un pied dedans, un pied dehors, la tête enfouie sous la nappe de peau, les yeux gonflés d'eau, les poings encore rouges des eaux maternelles, le teint laiteux, les cheveux collés sur la fontanelle, les lèvres roses faisant leurs bulles de glaires. C'était un nouveau-né plein de vagissements stériles qui éructait au grand jour sa rengaine d'ennui : "VIVRE - VIVRE", mais personne ne l'entendait, même pas les autres humains, puisqu'il n'EXISTAIT PAS !

 

Certes il vivait, plus qu'il n'était coutume, en-dehors de toute règle de bienséance, braillant aux quatre coins de la planète son tragique glapissement "VIVRE- VIVRE" et les sons ricochaient sur la vitre des choses et se retournaient contre le Vivant et ses tympans se déchiraient sous la pression et ses mains dodues et boudinées griffaient pathétiquement l'air et le "VIVRE - VIVRE" faisait ses longues trémulations bien après que le nourrisson avait rendu l'âme. En fait, sa courte et gélatineuse viele Vivant l'avait usée, l'avait dilapidée en de pitoyables objurgations, en des essais avortés de connaître quelque chose du vaste monde. Il n'avait été, l'espace de son apparition, qu'une série de métabolismes, une suite de battements de cœur, des diastoles-systoles, des sécrétions glandulaires, hypophysaires, des trophismes épithéliaux, des remuements de condyles à l'intérieur de glénoïdes bien huilés, des enroulements de métatarses, des combustions de graisse, des empilements de  glycémies, des  partitions de transaminases, des congestions de liquides bilieux et hépatiques, enfin, en quelques  mots rapidement synthétiques, des perditions entraînant d'autres perditions, des enfilades de non-sens, des clignotements à l'infini, des gammes de BLANC et de NOIR, sans qu'une once de GRIS vienne tempérer la démesure, lui accorder visibilité, parole, voix, langage.

 

 

 

 

 

 

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