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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 14:53
Quel feu nous parle ici

                  Photographie : Blanc-Seing

 

 

***

 

 

Quel feu nous parle ici

 

Me disais-tu

C’est tout juste si nous l’apercevions

Caché là-bas dans le creux du vallon

Il faisait sa sourde présence

Son chant si discret

Sa parole de nuit

 

*

 

Je te disais

Prends garde à lui

Il pourrait devenir cendre

A seulement en ignorer la présence

A l’oublier dans le tumulte

D’une fuyante existence

 

*

 

Nous avancions d’un pas si discret

Le vent eût pu l’annuler

Il était heureux à cette heure native

Que rien n’advienne

Qu’aube et silence

Nos vies frôlaient le temps

Sans même que nous en sentions

Le ténébreux événement

Nous avancions seulement

Nous avancions

Hors de nous

Hors du temps

 

*

 

Quel feu nous parle ici

 

Telle était ton antienne

Ton intime rumeur

De toi elle débordait

Dans le mot retenu

A peine si tu chuchotais

Dans le jour qui sourdait

 

*

 

A ta question je répondais

Par une autre question

Que nous importe ce feu

S’il n’est résurgence

De notre passion

S’il n’est ouverture

De cette dimension

Par nous oubliée

De nos destinées

Qu’un rien a soudées

Qu’un feu éteindrait

 

*

 

En bas dans la vallée

Des hommes

L’heure faisait

Son étrange bourdonnement

Les troupeaux allaient aux champs

Les enfants faisaient voler

Leurs cerfs-volants

Les collines dans la brume

Se hâtaient lentement

Les ruisseaux sous les feuilles

Distillaient leur écume

 

*

 

Quel feu nous parle ici

 

En réalité rien ne parlait

Que nous ne sachions

Dans la claie

De nos cœurs endeuillés

C’était la fin de l’été

Bientôt viendraient les jours

De moindre lumière

Bientôt surgiraient

Les premières bannières

Qui signeraient l’heure de partir

De quitter cet ici

Où nous n’avions rien appris

Que ce vertical sursis

Il n’était que notre heure alanguie

Le glaive de notre souci

 

*

 

Quel feu nous parle ici

 

Nous errions sur les chemins

De grande lassitude

Nous rivions

A nos folles habitudes

Le bleu se perdait là-bas

Dans le ciel

Deux silhouettes disparaissaient

A l’horizon

A n’en pas douter

Nous n’avions nulle destination

Aucune raison d’espérer

Au-delà de notre narration

Ainsi coulent les eaux

Au lieu de leur perdition

Jamais elles ne voient

Leur résurgence

Seulement l’abîme ouvert

De leur béance

 

*

 

 

 

 

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