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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 14:19
Les anges existent

             Œuvre : André Maynet (Détail)

 

 

***

 

Les anges existent

 

Souvent la nuit

Dans le pli des ténèbres

Me réveillant en sursaut

Je croyais saisir

Ces êtres ineffables

Qui tressaient à mes rêves

Les délices d’une fable

Le plus souvent

De cette apparition

Ne demeuraient que

Quelques hallucinations

Quelques illusions

Que le jour vite dissipait

Quelle douleur alors

Que ma solitude

Qui n’étreignait

Que des voiles d’hébétude

Quelle errance

À l’approche du jour

Je demeurais en silence

Au bord du possible

J’en priais la venue

Comme un enfant sensible

Attend son Noël

 

*

 

Les mains battaient le vide

Les bras n’étreignaient rien

Les hanches étaient orphelines

L’ombilic à peine une ombre

Le sexe à cent lieues de sa gloire

Les pieds joints comme

Pour une crucifixion

 

*

 

Que t’arrive-t-il

Qui te confine ainsi en toi

Me demandaient mes amis

En plein désarroi

Tu n’es plus qu’une braise

Que le jour éteint

Qu’un signe usé

Aux cimaises d’un musée

Aussi je divaguais

La journée durant

Souhaitant qu’enfin

En une nuit élue

Le mystère s’accomplît

De la discrète venue

De cette brume de chair

De ce songe aérien

Qui faisaient au ciel

De ma chambre

Ce baldaquin de beauté

Dont j’attendais

Pure félicité

 

*

 

Imagine-t-on plus belle vision

Que celle dont un dieu

Vous fait le don

Cet ovale du visage si peu tenu

Il pourrait s’effacer à tout instant

Ces yeux profonds en amande

Ces sourcils parenthèses d’amour

Ce nez si fuyant

On dirait un musc

Qui va et vient

Jamais ne se pose

Ce cou d’amphore

Ces attaches de soie

Ces épaules fragiles

Les boutons des seins

Qu’éclaire un rouge éteint

Le nombril en sa mince vasque

Les mains comme des insectes

La douce entaille du sexe

Le mont de Vénus étonné

 

*

 

Et puis ces ailes de tulle

Ces effleurements de joie

Ce luxe du vol annoncé

Ne serait-ce là ce qui

À moi destiné

Parfois me rend fou

Parfois me désespère

Mais comment faire

Pour saisir là toujours

Ce qui fuit

La feuille dans le vent

Le vol de l’oiseau

La couleur état d’âme

Le rythme d’une poésie

L’éclosion d’une larme

L’éclair d’une intuition

 

*

 

Depuis que je l’ai vue

L’Ange avait un sexe

C’était une jeune fille

Avant qu’elle fût nubile

C’était une voix

 Qui faisait sa lumière

Immobile

C’était une parole si ténue

Un bruit cristallin

Comme en font les séraphins

Ses cousins

 

*

 

Depuis que je l’ai vue

Mes amis

Ne me reconnaissent plus

Je suis paraît-il si éphémère

On me prendrait

Pour un rameau de lierre

A la recherche de son lieu

Ils sont naïfs je vous le dis

Mes amis

Les anges n’ont pas de lieu

Pourquoi en aurais-je un

Ma chambre est en plein azur

Parmi une pluie de colombes

Leurs plumes si blanches

Tout contre mes hanches

Peut-on rêver mieux

Que d’être un ange

Je vous le dis

Précieux amis

Peut-on rêver mieux

Que ce rouge rubis

Le désir est un feu

Qui brûle à jamais

Au plus haut des cieux

 

*

 

 

 

 

 

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