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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 14:39
Seul ce banc dans la levée du jour.

               Photographie : Blanc-Seing.

 

 

 

 

Combien ce banc vient à ma rencontre

 

Moi qui suis l’incorrigible

Nostalgique du temps

Le voir est un regret

Parfois une souvenance

Parfois un espoir

Qui se fait languissant

Et ruine mon cœur

L’instant infini d’une attente

 

Combien est loin le souvenir

De Toi

De ce conte que tu fus

De ce glissement

Pareil au vent de la taïga

Parmi l’égouttement blanc

Des bouleaux

 

De Toi

De ta fuyante apparition

Que demeure-t-il

Sinon un creux de silence

La décroissance du jour

Un crépuscule

Qui jamais n’en finit

D’égrener d’illisibles secondes

Et puis plus rien qu’un

Doute illimité

Qui pourrait te poser

Comme n’ayant jamais existé

 

***

Une photo de toi

En guise de témoignage

La claire chute de tes cheveux

Ce ruissellement qui comblait ma vue

D’un inouï spectacle

Ce front doucement bombé

Cette clarté de porcelaine

Les deux parenthèses cendrées

De tes sourcils

Ce nez si droit

L’image d’une vérité

Ces yeux d’opale

Une eau sous la nuée des nuages

Ces lèvres

Ce pastel inatteignable

Cette couleur réservée

Ce cou si docile

Qu’entourait un jonc d’or

 

Combien ce banc vient à ma rencontre

 

Son dossier si inapparent

Ses jambes de fer

Levées dans l’automne

Son assise

Où jadis tu fus

Et l’image d’une Déesse s’ensuivit

Que nulle brume ne put enclore

Dans sa diaphane vêture

Dont nul diaphragme

N’eût pu fixer l’empreinte

Même dans la

Cage étroite

D’une chambre noire

 

Fuyante tu l’étais

Comme l’air libre

Des espaces sans mesure

Cette taïga faite à ton image

Je la vois encore

Evoquée par la pulpe de tes lèvres

Disant

Les méandres paresseux de l’eau

Les feuillées jaunissantes

Le rythme plus sombre

Des pins

Des mélèzes

Parfois un sapin décharné

Hissant ses étiques nervures

Dans le ciel aux teintes de plomb

 

Vois-tu à seulement agiter

Ces quelques pensées

Me voici devenu

Un autre homme

Peut-être seulement

La vibration d’une conscience

Qui vit d’attendre

Et de plonger au-dedans de lui

Dans d’antiques marécages

Où s’allument les feux de la joie

Les as-tu jamais habités

Toi la Passante de mes songes

Toi la Messagère

Que nulle parole ne visita

Si ce n’est ce murmure

Qu’était ton corps

Ce long filament brûlant de l’intérieur

De lui on eut dit l’incorruptible flamme

La passion enserrant tel un lierre

L’entière disposition à être

Mais dans le refuge

Dans le pli

Dans le sillon au fond duquel

Toujours se donne à voir

L’étincelle de beauté

 

Combien ce banc vient à ma rencontre

 

Dans le pli blanc du petit matin

Frissonnant tel un enfant

Faisant l’école buissonnière

Col relevé

Mains dans les poches

Ta photo posée sur la plaine

Livide de mes genoux

L’air est si frais qui bourdonne

Ta photo et nulle autre présence

Et au loin le bruit sourd

De la ville

Cette masse étrangère

Anonyme

Qui cloue au pilori

Les Sentimentaux

Et les Poètes

 

Combien ce banc vient à ma rencontre

 

Je regarde l’infini du ciel

Espérant des nuages légers

Qu’ils dessinent ta forme

Oui ta forme

Et plus rien au monde

Ne comptera

Que ceci

Qui ne saurait se dire

Simplement

 

TOI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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