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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 14:54

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 08:51

Tartarin et les Tartares.

 

 

Une fois cependant Tartarin avait failli partir pour un grand voyage.
  Les trois frères Garcio-Camus, des Tarasconnais établis à Shanghaï, lui avaient offert la direction d'un de leurs comptoirs là-bas. Ça, par exemple, c'était bien la vie qu'il lui fallait. Des affaires considérables, tout un monde de commis à gouverner, des relations avec la Russie, la Perse, la Turquie d'Asie, enfin le Haut Commerce.
Dans la bouche de Tamarin, ce mot de Haut Commerce vous apparaissait d'une hauteur !...
  La maison de Garcio-Camus avait en outre cet avantage qu'on y recevait quelquefois la visite des Tartares. alors vite on fermait les portes. Tous les commis prenaient les armes, on hissait le drapeau consulaire, et pan ! pan ! par les fenêtres, sur les Tartares (...)
  L'affaire ne put pas s'arranger. Dans la ville, on en parla beaucoup. Partira-t-il ? Ne partira-t-il pas ? Parions que si, parions que non. Ce fut un événement...

  En fin de compte, Tamarin ne partit pas, mais toutefois cette histoire lui fit beaucoup d'honneur. Avoir failli aller à Shanghaï ou y être allé, pour Tarascon, c'était tout comme. A force de parler du voyage de Tamarin, on finit par croire qu'il en revenait, et le soir au cercle, tous ces messieurs lui demandaient des renseignements sur la vie à Shanghaï, sur les moeurs, le climat, l'opium, le Haut Commerce.
  Tartarin, très bien renseigné, donnait de bonne grâce les détails qu'on voulait, et, à la longue, le brave homme n'était pas bien sûr lui-même de n'être pas allé à Shanghaï, si bien qu'en racontant pour la centième fois la descente des Tartares, il en arrivait a dire très naturellement : “Alors, je fais armer mes commis, je hisse le pavillon consulaire, et pan ! pan ! par les fenêtres, sur les Tartares. ”

  En entendant cela, tout le cercle frémissait...

- Mais alors, votre Tartarin n'était qu'un affreux menteur.

- Non ! mille fois non ! Tartarin n'était pas un menteur...

- Pourtant, il devait bien savoir qu'il n'était pas allé à Shanghaï !

- Eh, sans doute, il le savait. Seulement...

Seulement, écoutez bien ceci. Il est temps de s'entendre une fois pour toutes sur cette réputation de menteurs que les gens du Nord ont faite aux Méridionaux. Il n'y a pas de menteurs dans le Midi, pas plus à Marseille qu'à Nîmes, qu'à Toulouse, qu'à Tarascon. L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire... Son mensonge à lui, ce n'est pas du mensonge, c'est une espèce de mirage...
  Oui, du mirage !... Et pour bien me comprendre, allez-vous-en dans le Midi, et vous verrez. Vous verrez ce diable de pays où le soleil transfigure tout, et fait tout plus grand que nature. Vous verrez ces petites collines de Provence pas plus hautes que la butte Montmartre et qui vous paraîtront gigantesques, vous verrez la Maison carrée de Nîmes - un petit bijou d'étagère - qui vous semblera aussi grande que Notre-Dame. Vous verrez... ah ! le seul menteur du Midi, s'il y en a un, c'est le soleil... Tout ce qu'il touche, il l'exagère !...

 

                                                                              Alphonse Daudet - Tartarin de Tarascon.

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 08:50

Les Chasseurs de Casquettes.

 

 

Vous saurez d'abord que là-bas tout le monde est chasseur, depuis le plus grand jusqu'au plus petit. La chasse est la passion des Tarasconnais (...)
  Donc, tous les dimanches matin, Tarascon prend les armes et sort de ses murs, le sac au dos, le fusil a l'épaule, avec un tremblement de chiens, de furets, de trompes, de cors de chasse. C'est superbe avoir... Par malheur, le gibier manque, il manque absolument. Si bêtes que soient les bêtes, vous pensez bien qu'à la longue elles ont fini par se méfier. A cinq lieues autour de Tarascon, les terriers sont vides, les nids abandonnés. Pas un merle, pas une caille, pas le moindre lapereau (...)

  Elles sont cependant bien tentantes, ces jolies collinettes tarasconnaises, toutes parfumées de myrte, de lavande, de romarin ; et ces beaux raisins muscats gonflés de sucre, qui s'échelonnent au bord du Rhône, sont diablement appétissants aussi... Oui, mais il y a Tarascon derrière, et, dans le petit monde du poil et de la plume, Tarascon est très mal noté. Les oiseaux de passage eux-mêmes l'ont marqué d'une grande croix sur leurs feuilles de route, et quand les canards sauvages, descendant vers la Camargue en longs triangles, aperçoivent de loin les clochers de la ville, celui qui est en tête se met à crier bien fort : “Voila Tarascon !... voila Tarascon !” et toute la bande fait un crochet.

  Bref, en fait de gibier, il ne reste plus dans le pays qu'un vieux coquin de lièvre, échappé comme par miracle aux septembrisades tarasconnaises et qui s'entête à vivre là ! à Tarascon, ce lièvre est très connu. On lui a donné un nom.Il s'appelle le Rapide. On sait qu'il a son gîte dans la terre de M. Bompard - ce qui, par parenthèse, a doublé et même triplé le prix de cette terre - mais on n' a pas encore pu l'atteindre.A l'heure qu'il est même, il n'y a plus que deux ou trois enragés qui s'acharnent après lui. Les autres en ont fait leur deuil (...)

  Ah ça ! me direz-vous, puisque le gibier est si rare à Tarascon, qu'est-ce que les chasseurs tarasconnais font donc tous les dimanches ? Ce qu'ils font ? Eh mon Dieu ! ils s'en vont en pleine campagne à deux ou trois lieues de la ville. Ils se réunissent par petits groupes de cinq ou six, s'allongent tranquillement a l'ombre d'un puits, d'un vieux mur, d'un olivier, tirent de leurs carniers un bon morceau de boeuf en daube, des oignons crus, un saucissot, quelques anchois, et commencent un déjeuner interminable, arrosé d'un de ces jolis vins du Rhône qui font rire et qui font chanter.

  Après quoi, quand on est bien lesté, on se lève, on siffle les chiens, on arme les fusils, et on se met en chasse. C'est-à-dire que chacun de ces messieurs prend sa casquette, la jette en l'air de toutes ses forces et la tire au vol avec du 5, du 6 ou du 2 - selon les conventions.Celui qui met le plus souvent dans sa casquette est proclamé roi de la chasse, et rentre le soir en triomphateur a Tarascon, la casquette criblée au bout du fusil, au milieu des aboiements et des fanfares.

                                                                            Alphonse Daudet - Tartarin de Tarascon.

 

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 08:47


  Nous allions, nous allions toujours (...) J'ai encore dans les yeux tous les endroits où nous avons passé : la garenne rose de bruyères, pleine de terriers au pie des arbres jaunes, avec ce grand rideau de chênes où il me semblait voir la mort cachée partout, la petite allée verte où ma mère Perdrix avait promené tant de fois sa nichée au soleil de mai, où nous sautions tout en piquant les fourmis rouges qui nous grimpaient aux pattes, où nous rencontrions des petits faisans farauds, lourds comme des poulets, et qui ne voulaient pas jouer avec nous.
  Je la vis comme dans un rêve ma petite allée, au moment où une biche la traversait, haute sur ses pattes menues, les yeux grands ouverts et prête à bondir. Puis la mare où l'on vient en partie par quinze ou trente, tous du même vol, levés de la plaine en une minute, pour boire à l'eau de la source et s'éclabousser de gouttelettes qui roulent sur le lustre des plumes.

   Il y avait au milieu de cette mare un bouquet d'aulnettes très fourré ; c'est dans cet îlot que nous nous réfugiâmes. Il aurait fallu que les chiens eussent un fameux nez pour venir nous chercher là. Nous y étions depuis un moment, lorsqu'un chevreuil arriva, se traînant sur trois pattes et laissant une trace rouge sur les mousses derrière lui. C'était si triste à voir que je cachais ma tête sous les feuilles ; mais j'entendais le blessé boire dans la mare en soufflant, brûlé de fièvre...
  Le jour tombait. Les coups de fusil s'éloignaient, devenaient plus rares. Puis tout s'éteignit... C'était fini.

  Alors nous revînmes tout doucement vers la plaine, pour avoir des nouvelles de notre compagnie. En passant devant la petite maison du bois, je vis quelque chose d'épouvantable, Au rebord d'un fossé, les lièvres au poil roux, les petits lapins gris à queue blanche, gisaient à côté des uns des autres. C'étaient des petites pattes jointes par la mort, qui avaient l'air de demander grâce, des yeux voilés qui semblaient pleurer ; puis des perdrix rouges, des perdreaux gris (...)

  Savez-vous rien de plus triste qu'un oiseau mort ? C'est si vivant, des ailes ! De les voir repliées et froides, ça fait frémir.

   Un grand chevreuil superbe et calme paraissait endormi, sa petite langue rose dépassant la bouche comme pour lécher encore.
  Et les chasseurs étaient là, penchés sur cette tuerie, comptant et tirant vers leurs carniers les pattes sanglantes, les ailes déchirées sans respect pour toutes ces blessures fraîches. Les chiens, attachés pour la route, fronçaient encore leurs babines en arrêt, comme s'ils s'apprêtaient à s'élancer de nouveau dans les taillis.

  Oh ! pendant que le grand soleil se couchait là-bas et qu'ils s'en allaient tous, harassés, allongeant leurs ombres sur les mottes de terre et les sentiers humides de la rosée du soir, comme je les maudissais, comme je les détestais, hommes et bêtes, toute la bande !... Ni mon compagnon ni moi n'avions le courage de jeter comme à l'ordinaire une petite note d'adieu à ce jour qui finissait.

  Sur notre route nous rencontrions de malheureuses petites bêtes, abattues par un plomb de hasard et restant là, abandonnées aux fourmis, des mulots, le museau plein de poussière, des pies, des hirondelles foudroyées dans leur vol, couchées sur le dos et tendant leurs petites pattes roides vers la nuit qui descendait vite comme elle fait en automne, claire et mouillée. Mais le plus navrant de tout, c'était d'entendre, à la lisière du bois, au bord du pré, et là-bas dans l'oseraie de la rivière, les appels anxieux, tristes, disséminés, auxquels rien ne répondait.

 

                                                                       Alphonse Daudet - Contes du Lundi.

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 08:38

Les émotions

d'un Perdreau rouge (1/2)

 

Oh ! ce premier coup de feu en forêt, ce coup de feu qui trouait les feuilles comme une grêle d'avril et marquait les écorces, jamais je ne l'oublierai !

  Un lapin détala au travers du chemin en arrachant des touffes d'herbe avec ses griffes tendues. Un écureuil dégringola d'un châtaignier en faisant tomber les châtaignes encore vertes. Il y eut deux ou trois vols lourds de gros faisans et un tumulte dans les branches basses, les feuilles sèches, au vent de ce coup de fusil qui agita, réveilla, effraya tout ce qui vivait dans le bois (...)

  Le vieux, lui, était toujours aussi calme. Très attentif aux aboiements et aux coups de feu, quand ils se rapprochaient il me faisait signe, et nous allions un peu plus loin, hors de la portée des chiens et bien cachés par le feuillage.

   Une fois pourtant je crus que nous étions perdus, L'allée que nous devions traverser était gardée de chaque bout par un chasseur embusqué. D'un côté un grand gaillard à favoris noirs qui faisait sonner toute une ferraille à chacun de ses mouvements, couteau de chasse, cartouchière, boîte à poudre, sans compter de hautes guêtres bouclées jusqu'aux genoux et qui le grandissaient encore ; à l'autre bout un petit vieux, appuyé contre un arbre, fumait tranquillement sa pipe, en clignant des yeux comme s'il voulait dormir. Celui-là ne me faisait pas peur ; mais c'était ce grand là-bas...
  “ Tu n'y entends rien, Rouget”, me dit mon camarade en riant.
Et sans crainte, les ailes toutes grandes, il s'envola presque dans les jambes du terrible chasseur à favoris. Et le fait est que le pauvre homme était si empêtré dans tout son attirail de chasse, si occupé à s'admirer du haut en bas, que lorsqu'il épaula son fusil nous étions déjà hors de portée. Ah ! si les chasseurs savaient, quand ils se croient seuls à un coin de bois, combien de petits yeux fixes les guettent des buissons, combien de petits becs pointus se retiennent de rire à leur maladresse !...

                                                                                                  Alphonse Daudet - Contes du Lundi.

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 14:58

 

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 14:52

L'Année du cultivateur.

 

  Les beaux jours reviennent : il faut vite en profiter pour semer les avoines, herser les blés, bêcher. Avril survient et la douceur ; les pêchers sont roses et les cerisiers blancs, les bourgeons s'ouvrent, les oiseaux chantent ; tout cela est bien beau (...) ; mais pour nous, ça signifie seulement qu'il faut se hâter de labourer, de planter les pommes de terre.

  Vient mai, le fameux beau mois de Mai (...) : il faut briser les jachères, curer les fossés, biner. C'est juin, avec ses beaux soleils ; les haies sont piquées d'églantines, les acacias sont chargés de grappes blanches qui embaument ; il y a des fleurs et des nids partout; mais nous cela veut dire qu'il faut se lever dès trois heures du matin pour faucher, et qu'il faut travailler sans arrêt jusqu'à neuf ou dix heures chaque soir.

  C'est juillet : en grande hâte, il faut finir le foin : le seigle mûrit. Le seigle est coupé; hardi ! au froment ! Abattons à grands coups les tiges sèches ! Serrons les javelles brûlantes ! Edifions en meules les gerbes lourdes ! Il fait tellement chaud qu'on n'en peut plus. Mais moi, le maître, je dois entraîner les autres : Hardi, les gars ! Hardi !

  Août bat son plein, et l'on cuit de plus belle. La moisson est finie : bouvier, vite à tes bœufs, il faut conduire les fumiers pendant que les chemins sont secs.

  (...) Septembre : les jours raccourcissent, allongeons-les ; le travail presse, les pommes de terre sont bonnes à arracher ; continuons de nous lever à quatre heures. Hardi ! les gars !

  (...) Octobre et les semailles : Hardi ! les gars !

   Voici novembre enfin : c'est la saison d'hiver, la saison du calme, mais non celle du repos ; il y a encore des besognes en masse, des labours de chaumes, des rigoles à creuser dans les près, des ronces à extirper, des haies à tailler, des arbres à ébrancher ; il y a surtout les animaux qui sont revenus à l'étable et qu'il faut soigner. Debout à cinq heures quand même ! (...)

  Et, tout le jour, allons patauger dans la boue, crottés jusqu'aux cuisses et les pieds mouillés. La veillée convient très bien pour couper la ration de racines fourragères des bœufs et des moutons gras, pour faire cuire les pommes de terre des cochons.

 

                                                                               Emile Guillaumin. (La Vie d'un simple).

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 19:46

 

Les Semailles en Beauce.

 

Jean, ce matin-là, un semoir de toile bleue noué sur le ventre, en tenait la poche ouverte de la main gauche, et de la droite, tous les trois pas, il y prenait une poignée de blé, que d'un geste, à la volée, il jetait.

Ses gros souliers trouaient et emportaient la terre grasse, dans le balancement cadencé de son corps; tandis que, à chaque jet, au milieu de la semence blonde toujours volante, on voyait luire les deux galons rouges d'une veste d'ordonnance, qu'il achevait d'user.

  Seul, en avant, il marchait, l'air grandi; et, derrière, pour enfouir le grain, une herse roulait lentement attelée de deux chevaux, qu'un charretier poussait à longs coups de fouet réguliers, claquant au-dessus de leurs oreilles (...)

  Mais Jean se retourna, et il repartit, du nord au midi, avec son balancement, la main gauche tenant le semoir, la droite fouettant l'air d'un vol continu de semence (...)

  Et toujours, et du même pas, avec le même geste, il allait au Nord, il revenait au Midi, enveloppé dans la poussière vivante du grain; pendant que derrière la herse, sous les claquements du fouet, enterrait les germes, du même train doux et comme réfléchi (...)

  De toutes parts, on semait : il y avait un autre semeur à gauche, à trois cents mètres, un autre plus loin, vers  la droite ; et d'autres, d'autres encore s'enfonçaient en face, dans la perspective fuyante des terrains plats.

  C'étaient de petites silhouettes noires, de simples traits de plus en plus minces, qui se perdaient à des lieues. Mais tous avaient le geste, l'envolée de la semence, que l'on devinait comme une onde de vie autour d'eux. La plaine en prenait un frisson, jusque dans les lointains noyés, où les semeurs épars ne se voyaient plus.

 

                                                                                                  Emile Zola.  (La Terre).

 

                                                                                                                                                                                                                                                                [Souché].

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 19:33

 

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