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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 08:51

 

L'expédition du Club des 6. (suite)

 

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Source : Atelier Mascarade.

 

 

 Alors qu'on s'est tous un peu succédés derrière la lucarne, maintenant, moi, Jules Labesse, je vais vous faire quelques confidences. Tous ce grand Guignol, tout ce Carnaval, c'est plutôt sympathique sauf que nos Conjugales à nous, le "Club des 7", elles y sont dans le grand bazar, et faut voir comment ! Déchaînées, elles sont ! tant et si bien qu'elles échangent leurs costumes et qu'entre les échanges, elles sont en tenue d'Eve, évidemment. Et puis c'est si rapide leur métamorphose, on a du mal à les reconnaître. La Sarias, tantôt elle est en Gitane, tantôt en Hippie avec des habits fluo et des pantalons à volants; la Garcin, elle passe du Jazzy rose à l'Infirmière débridée avec des collants à mi-cuisse, ça vous en donne le tournis; la Bellonte, c'est tantôt Lady corsaire avec ses larges bottes à revers, tantôtMadonna vamp avec sa guêpière zébrée et ses bas cancan, même ça fait plutôt "Madame Claude"la Pittacci elle oscille entre Miss 70 avec son rad'chat, ses bottes blanches en plastique et l'Odalisqueavec sa jupe voile rouge qui cache même pas ses parties charnues; la Calestrel elle jongle entre laPompom Girl avec son bustier à étoiles, sa jupe à godets, ses Adidas et Baby rose qui suce son pouce avec sa culotte en satin et revers de fourrure, ses bas résille blancs et ses chaussures à petits nœuds couleur fraise; la Simonet  elle passe sans transition du Petit Chaperon rouge très très court vêtue - même que le Loup aurait eu peur pour sa virginité ! -, à la Cow-Girl au haut dénudé, au pantalon taille basse, tellement basse qu'elle n'a plus rien à cacher; le colt à la main au cas où vous seriez pas consentant. Enfin, vous voyez le spectacle !

  Qui aurait jamais dit que de si fidèles Conjugales se seraient laissé aller à de tels errements ? Vous dites quoi ? Ah, oui, j'ai pas parlé de la mienne de Conjugale ? Ben non, j'ai pas osé. Parce qu'alors là,l'Henriette, pour l'occasion, elle portait la bannière et elle serrait les pompons. Oh, non, c'est pire que vous imaginez. Elle tenait à la fois de Bikini Noël avec son deux-pièces mini, mini pas plus grand qu'un timbre-poste et ses collants à rayures; tantôt c'était Geisha avec son kimono largement ouvert sur des collants noirs; tantôt Lolita Marine tellement ingénue avec sa boule de barbe à papa dans la main droite, son large béret bleu, sa robe sage mais haut perchée, ses mi-bas couleur carotte, ses chaussures basses vernies.

  Et là-dessus, le mousseux qui coule à flots, et les meringues qui flottent dessus, et les mirlitons qui mirlitonnent, et les confettis qui volètent, et les trompettes qui ont "tuuut  tututut", et les ballons de baudruche qui font "clac-clac" et les trompettes en plastique qui font "coin-coin" et les cymbales qui s'emballent et les serpentins qui serpentent. Vous pouvez pas avoir une idée tellement elles étaient loufoques nos Conjugales, et le "Zizi sauteur" qui sautait et le "Briquet lance-eau" qui lançait l'eau et la poudre qui éternuait et les bombes qui fumaient et, au milieu de tout ce bataclan, au milieu de la fumée et des étincelles, des feux de Bengale, au milieu des pétards-cigarettes et des bonbons au poivre, de la suie magique et du poil à gratter, mais approchez donc, regardez, mais c'est notre Pittacciqui est fringant comme un gardon et d'ailleurs on le reconnaît juste au tatouage qu'il a sur la jambe, un tatouage du temps de la Manu, avec un cœur et une pin-up assise dedans, même on l'aurait jamais reconnu sans ça, parce que, avec sa grande perruque blonde, ses lunettes Saint-Tropez, son immense cape de velours rose et revers marabout, sa robe fendue jusqu'à mi-cuisse, ses escarpins argentés, eh ben, le Pittacci il a plutôt fière allure, même il se déhanche joliment et il fait des ronds de jambe, et il lance des œillades par dessus ses verres, et il se caresse la joue façon chochotte, et on sait plus trop s'il fonctionne "à la voile ou à la vapeur" et le Pittacci l'en perd pas une l'animal, et un œil dans le décolleté de la Laura, et une main sur le charleston d'Yvonne, et un doigt dans la jarretière del'Antoinette, et à nouveau un œil, l'autre, dans la robe à froufrous de l'Amélie, et un baiser rapide sur les discos des jumelles, et un tour de piste autour de l'Adélaïde, et encore une main sur la grande sauterelle, et maintenant les deux mains qui plongent dans le décolleté de l'Andréa, même ça la gêne pas l'Andréa de se faire peloter par une copine et on dirait que le monde est en roue libre; et tour à tour le Pittacci roucoule comme un pigeon, offrant une plume à la Sarias, un duvet à la Bellonte, un petit coup de bec à la Garcin, une gorge déployée à sa moitié même qu'on trouve ça un peu normal; puis, en chœur, la Calestrella Simonet et l'Henriette, elles paradent autour du colombin, elles écartent leurs plumes et d'ailleurs c'est plutôt indécent et le traître du "Club des 7" en profite pour leur en refiler des roucoulades, des gorges chaudes, des ébrouements de plumes et ses caroncules se gonflent de désir et c'est tout juste si on assiste pas à la "scène primitive" et ça nous fout tellement les boules, à nous,"les petits enfants du club des 6", qu'on décide soudain, comme un seul homme, de partir sans même revisser la plaque d'aération, de descendre l'Avenue de la Gare, avec ce con de Pittacci qui nous reste en travers de la gorge, de passer devant chez Pierson qui, présentement, doit roupiller sur un des sièges de son Pullman, de longer la guitoune du Crédit d'Ouche, de passer devant chez Nelly qui, compte tenu des deux heures du matin, doit roucouler au milieu de ses amants, d'arriver sur les bancs peints en noir  cause à la nuit, de même pas s'y asseoir dessus vu l'impatience et, c'est décidé, on va lui régler son compte à ce salaud de déserteur qu'a déserté juste pour pouvoir peloter nos Conjugales. Encore, les autres assidues du Cleup, le Marcel il avait pas à se gêner, elles y allaient que pour ça, pour la bagatelle et comme, dans le Cleup, y a plus de bonnes femmes que d'hommes, on les soupçonne d'être un peu portées sur les copines et après tout ça les regarde, mais..."

 

 

 

 

 

 

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