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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 12:43

 

Honnies soient qui mâles y pensent (5)

 

 

  Aussi, Monsieur le Comte traversa-t-il une période essentiellement consacrée à relire ses poutres armoriées en y trouvant des sens divers et, force nous est de reconnaître, prosaïques, pour ne pas dire lubriques.

  "Montrer son béjaume. ", qui, en fauconnerie désigne le fait d’exhiber un jeune oiseau, symbole de l’inexpérience, sonnait, pour Fénelon de Najac, comme le fait d’exposer, avec toute l’impudeur qui l’accompagne, une partie anatomique habituellement dissimulée par le port de la culotte.

 " S’agiter comme un diable au fond d’un bénitier. ", évoquait en lui la vigueur d’un amant auprès de son amante.

  " Dans les petites boîtes, les bons onguents. ", était l’évidence même du plaisir promis par les jeunes filles en fleur.

 " La bourse ouvre la bouche. ", lui faisait penser à des pratiques dont Yvette-Charline n’était pas coutumière, du moins ne le sût-il jamais, si telles furent certaines pratiques de son épouse qui, alors, ne purent être qu’extra conjugales.

 " Mettre la bride en main. "ressortait à l’onanisme, sans autre forme de procès.

 " Mettre la bride sur le cou. ", malgré l’attrait que cette formule représentait, lui paraissait une impossibilité anatomique pour l’amant, à moins qu’il ne s’agît du cou de l’amante.

  " Il n’est si petit buisson qui ne porte son ombre. ", décrivait avec bonheur et poésie l’intime Mont de Vénus.

 " Trouver buisson creux. ", était selon lui, la condition même du refuge amoureux, car, faute de creux, il ne voyait pas comment dénicher le paradis promis.

" La belle cage ne nourrit pas l’oiseau. ", adage qui devenait plus évocateur sous la forme : "C’est l’oiseau qui nourrit la belle cage ".

  " Avoir des chambres à louer dans la tête. ", habituellement interprété comme le fait de n’avoir pas sa raison entière, s’amendait sous la forme du Petit Guide avec son répertoire des chambres réservées à Cupidon.

 " Brûler la chandelle par les deux bouts. ", lui paraissait anatomiquement peu réalisable, sauf à trancher la chandelle avant de l’offrir aux activités orgiaques.

" Il n’est si petit saint qui veuille sa chandelle. "relevait, pour lui, d’une confusion homonymique, correction que Monsieur le Comte effectua à même la poutre, biffant"saint ", le remplaçant par " sein ".

  " Le mou est pour le chat. "ne s’expliquait que par un fautif manque d’érection, ou par les vertus insuffisantes du félin.

 " Chat échaudé craint l’eau froide. "voulait attirer l’attention sur la nécessité du bon degré des ablutions avant qu’Eros ne décoche sa flèche.

 " Avoir un pied dans deux chaussures. "posait, pour le Comte, le problème des curiosités anatomiques qu’on ne voyait guère que sur les foires et qu’il résolut, par l’existence inconnue à ses yeux, de sexes bifides.

 " Chose défendue, chose désirée. "ne méritait, par son évidence, aucun commentaire particulier.

 " Un clou chasse l’autre. ",  lui paraissait la condition sine qua non que les hommes devaient appliquer pour faire valoir leur droit d’entrée et éviter, ainsi, une inconfortable cohabitation.

 " Trop tirer rompt la corde. "revenait à reconnaître que les excès en amour comportaient toujours des risques.

  " Il y a loin de la coupe aux lèvres. "lui semblait surtout dépendre de la position qu’on adoptait sur la couche avant de se disposer aux jeux de l’amour.

" Tailler des croupières à quelqu’un "Monsieur le Comte, dont la culture était pourtant étendue, ne savait pas qu’une pipe s’appelait également une croupière.

  " Il vaut mieux être percée d’une épée luisante que d’une épée rouillée. "Mieux valait dégainer souvent que laisser son épée dans son fourreau.

 " En limant on fait d’une poutre une aiguille. "sonnait à son oreille comme un avertissement, jurant qu’il consommerait sans commettre d’excès, préservant ses vieux jours d’une aiguille à chercher dans une botte de foin.

  Monsieur le Comte, érotisant ses proverbes entre les incunables qui ornaient sa bibliothèque; sachant bien que ni Rousseau ni Voltaire ne vendraient la mèche, prit tout de même l’habitude de clore ses méditations par l’adage suivant :

 

"Jamais homme sage et discret

Ne révèle à femme son secret. "

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                

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