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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 08:01

Dans la région, il y avait de bien étranges légendes qui circulaient, auxquelles tout le monde voulait croire de manière à loger un peu de rêve au creux du réel. Avec mon camarade François, à l’époque, nous avions à tous les deux pas plus d’une vingtaine d’années, l’âge de tous les mystères, de toutes les croyances, de tous les espoirs. Parfois, François confiant à mon oreille : « Tu sais, Michel, je crois qu’un de ces jours nous ferons une incroyable découverte. Je le sens en moi, c’est comme quelque chose qui me parle la nuit, une voix qui voudrait me guider jusqu’en un endroit secret. » Et moi de répliquer : « Il est où cet endroit ? » Et François de reprendre avec le ton de quelqu’un qui sait : « Du côté de la Mouline, tu sais ce vieux moulin à eau abandonné sur la Leyre, personne n’y met plus jamais les pieds. » « Tu veux dire qu’on pourrait y aller, qu’on pourrait y découvrir un mystère ? » « Oui, c’est ce que je dis, mais tu n’as pas l’air de me croire ! » « Si, je ne demande pas mieux que de te croire, mais il est comment ton mystère ? » « Tu n’as qu’à me suivre, un mystère on ne peut pas le décrire, il faut le voir ! »

    Je m’étonnais de l’aplomb de mon ami, je doutais de ses certitudes, on racontait tellement d’histoires invraisemblables, le soir au coin de l’âtre, quand le crépuscule se teintait de vermeil, que la fatigue gagnait les têtes, que les verres de vin chaud donnaient aux châtaignes des ailes invisibles dont on n’entendait que le froissement tout contre les murs chaulés à blanc des masures. Des ‘masures’, oui car le pays était pauvre en biens, riche seulement en parlottes qui s’éternisaient jusqu’à la nuit venue lorsque la bougie posée sur la table en lourds madriers n’était plus qu’un quinquet vacillant à peine plus lumineux qu’un ver luisant dans les chaumes d’été. Souvent, lors des longues soirées d’hiver, écoutant mes parents dévider l’écheveau de leurs histoires, il m’arrivait d’être distrait, plongeant parfois dans des sommes rapides, des genres de clignotements qui passaient sans intermède de la lumière pâle de la veillée à celle plus semblable à une brume des songes qui s’étiraient au loin avec une curieuse consistance d’écume. Certains mots traversaient ma conscience avec des effets de feux de Bengale…’Château des Terrieux’…’ruine’…’souterrain’…’lac’…’échelle de fer’… ‘Château de Formentier’…, il n’en restait jamais que quelques sons incompréhensibles et j’avais beau, durant la nuit, essayer de reconstituer la trame de ce qui s’était dit, rien d’autre ne subsistait que cette étrange comptine à trous qui hantait longtemps ma tête, posant plus de problèmes qu’elle n’en pouvait résoudre. Cependant je me contentais de ces fragments, jouais avec, comme un jeune chiot l’aurait fait avec des bouts d’os, les abandonnant bientôt sur un chemin de poussière.

   En ce matin d’automne d’autrefois, parmi le tumulte joyeux des feuilles soulevées par un vent capricieux, François et moi nous rejoignons devant la serre où d’habitude nous jouons, genre de maison vitrée badigeonnée de chaux qui nous abrite aussi bien du froid que de la chaleur. Sur le sol de terre battue, avec des triangles de lames de faucheuses, nous traçons les sentiers de nos aventures ordinaires, y faisons rouler des modèles réduits de voitures ou de tracteurs, y traçons les itinéraires complexes que doivent suivre nos billes en terre cuite ou nos calots de verre bariolé. Sur un bout de papier que François me tend, au premier abord, je ne saisis qu’un bizarre rébus avec des lignes tracées au crayon, avec des flèches, des pointillés, des genres de friselis qui semblent indiquer la présence de l’eau, comme dans notre livre de géographie. Je dois avouer que je ne comprends rien aux hiéroglyphes qui figurent sur la feuille et interroge mon vis-à-vis qui me précise : « Tu sais, Michel, c’est le dessin du mystère. Je t’en parlais l’autre jour. Maintenant il faut aller voir ! » Devant le ton péremptoire de François il ne me reste plus qu’à le suivre, espérant qu’enfin quelque chose s’éclaircisse.

   Dans une sacoche de toile il me montre les instruments supposés résoudre le mystère : une très longue pelote de fil, une bougie avec des allumettes, une lampe acétylène emplie de blocs de carbure, une vieille boussole, une faucille, un piochon à manche court, un Opinel à la lame ébréchée, un marteau de maçon. M’étonnant devant cet inventaire à la Prévert, il me fait signe de le suivre, estimant sans doute qu’il possède entre ses mains les clés qui vont déchiffrer l’énigme. Je me résous à ne plus poser de question. François est ainsi fait qu’il n’aime guère que l’on s’oppose à ses projets. De toute manière je verrai bien de quoi il retourne. Nous dépassons les dernières maisons du village, en réalité des tas de pierres branlantes plutôt que des logis accueillants. Ici, il n’y a plus que d’antiques ruines du Moyen-âge avec leurs façades en torchis, leurs poutres en encorbellement, leurs toits envahis de mousse et de lichen. Nous longeons l’ancienne boulangerie, des moellons usés envahis de ronces. Enfin nous arrivons au Moulin à eau qui enjambe un petit canal de dérivation, lequel provient de la Leyre, cette modeste rivière qui, autrefois, accueillait des pêcheurs, mais maintenant plus personne n’en longe le cours encombré de taillis épais, d’herbes d’eau, les rives boueuses semées de nombreux trous. Les habitants du lieu : des grenouilles qui coassent sans cesse, des couleuvres à collier qui filent parmi les cannes des roseaux, des ragondins qui creusent les rives et les font parfois s’écrouler.

   « On va aller explorer La Mouline. Je passe devant, tu n’as qu’à me suivre. »

   François saisit la faucille et se met en devoir de dégager le bouquet de ronces qui obstruent l’entrée. J’ai protégé mes mains de gants et enlève au fur et à mesure tiges et feuilles. Bientôt nous atteignons la porte qui s’ouvre en grinçant. François craque une allumette. Le bec de la lampe acétylène fuse en un drôle de bruit de succion. La flamme jaillit avec de brusques avancées et des retraits. Il suffit de régler le débit d’eau, ensuite la lumière est blanche, presque éblouissante. Les ombres reculent devant elle, de grands pans se dévoilent à la manière d’un théâtre magique, d’une scène fantastique. Sur les parois emplies de poussière, voilées de toiles d’araignées, la clarté danse, crépite, crée de minces hallucinations. Etrangement nous n’avons pas peur, trop occupés à découvrir ce domaine secret déserté depuis des temps sans mémoire. Des machines bizarres surgissent des ténèbres, de longues courroies de cuir se balancent sous la poussée d’un vent léger, des pignons et des engrenages figurent des créatures fabuleuses telles que révélées par nos rêves les plus sinueux, les plus cryptés. J’ai pris soin de dévider la longue pelote de ficelle dont j’amarre l’extrémité à la porte en bois : ce seul fil d’Ariane nous relie au monde extérieur dont il nous faudra bien retrouver la voie à l’issue de notre exploration.

   Dans le moulin, d’étranges bassins aux eaux jaune-vert, couleur d’aquarium. Parfois de gros poissons aux yeux éteints s’y illustrent le temps d’une rapide vision. François, toujours sur le qui-vive dès qu’il s’agit de commettre une bêtise, actionne un lourd volant de fonte. Une vanne de fer remonte dans une glissière libérant des trombes d’eau qui se mettent à actionner les machines reliées les unes aux autres. C’est à la fois fascinant et inquiétant car nous ne connaissons pas les conséquences que peuvent avoir nos gestes un peu inconscients. Nous ne sommes pas trop de deux pour actionner à nouveau le volant, apaiser les flots. Nous attendons que tout soit rentré dans l’ordre avant de continuer notre progression. Nous empruntons une échelle de fer bringuebalante qui longe d’imposantes trémies. Cela sent la farine, le vieux grain moisi, il y a une odeur de graisse qui se mêle au froment et c’est comme un étrange cocktail qui nous fait tourner la tête, nous énivre. Tout en haut de l’échelle, pareille à une tache noire, une cavité dont l’ouverture est obstruée par des végétaux. Patiemment nous enlevons les décombres, dégageons ce qui se montre tel un étroit chenal. Nous activons la flamme de la lampe. A l’aide du marteau, nous faisons céder de vielles planches qui s’éboulent, l’écho du bruit se répand au milieu du désordre du vieux moulin. Cela nous fait penser à des fantômes que nous aurions tirés de leur lourd sommeil.

   Maintenant c’est un genre de mince boyau qui chemine tout en longueur, en pente douce et dont nous n’avons guère d’idée quant à l’endroit de sa destination. C’est cela un secret, ne pas savoir où l’on va, ce que l’on va découvrir et, parfois, on a l’impression de n’être même plus soi, d’être devenu autre, d’avoir un nouveau corps, un nouvel esprit. Nous progressons un peu difficilement et nos bottes de caoutchouc glissent parfois sur des nappes d’argile humide. Nous n’avançons pas très vite, seulement au rythme des ombres qui nous précèdent, projetant sur nos corps d’enfants de fuyants spectres. Quelques chauves-souris affolées traversent le faisceau de la lampe. Nous entendons le bruit froissé de leurs ailes de carton, nous devinons leurs oreilles pointues, nous imaginons leur gueule grimaçante, leurs petites dents aiguës, leurs cris stridents ricochent sur les parois de calcaire. Dans des flaques d’eau claire, s’agitent des sangsues au corps noir, strié, dont nous savons, pour en avoir entendu parler, que ce sont des suceuses de sang dont nous devons nous protéger si nous voulons ressortir à l’air libre sans dommage.

   « Il va jusqu’où ton secret ? », c’est la question que je pose à François et ma voix résonne comme si elle provenait d’une crypte ou bien surgissait d’abysses habités par une inquiétante faune marine. Sa réponse ne se fait guère attendre : « Je n’en sais rien, il faut marcher plutôt que de poser des questions ! »

   Je renchéris, ne m’avouant nullement vaincu : « L’autre nuit j’ai rêvé à des choses que mes parents avaient racontées aux voisins pendant une veillée. Ils disaient qu’ici, dans le village de Barsac, autrefois, certainement au Moyen-Âge, les seigneurs des châteaux aux alentours avaient fait construire des souterrains qui communiquaient les uns avec les autres pour pouvoir fuir en cas d’état de siège. Qu’est-ce que tu en penses ? »

   « Rien, ce ne sont que des sornettes pour amuser les enfants avant qu’ils aillent dormir. Tu ne vas tout de même pas croire à de telles bêtises ! Mais aide-moi plutôt à ranimer la flamme. Nous aurons l’air malins si, tout à coup, on se retrouve dans le noir ! »

   Maintenant le chemin s’élève comme s’il suivait la pente d’une colline qui le surplomberait. Sur notre gauche, une ouverture. Nous nous arrêtons, tendons l’oreille. Il y a un bruit de ruissellement, de chute d’eau. Nous nous glissons dans la fente de rocher, pareils à des spéléologues expérimentés. Je suis en tête et François me suit à peu de distance, portant le sac avec les outils. Soudain je sens un courant d’air qui fait vaciller la flamme. Une clarté, là-bas tout au bout, qui fait son cercle régulier. Nous continuons d’avancer en retenant notre souffle. Peut-être, bientôt, la solution à notre problème. Au milieu de ce goulet, une sorte de canal où court une eau vive, joyeuse, bondissante à cause des barrages de cailloux qui parfois en contrarient le cours. Me voici parvenu à l’extrémité de notre périple à étapes multiples. Je suis obligé de mettre ma main en visière devant mes yeux afin de ne pas être aveuglé. Mes pupilles forent l’espace étroit entre mes doigts. Mes pupilles découvrent, dans une manière d’émerveillement, un mince paysage qui m’est familier, qui, en quelque sorte, fait partie de mon univers intime. Je ne peux retenir ma joie ainsi que mon heureuse surprise : « François, tu sais où on est ? » « Pas la moindre idée », rétorque-t-il avec un brin de mauvaise humeur, comme s’il était vexé de n’être que le second de notre aventureuse cordée. « On est au Turon ! » « Au Turon ? Pourquoi au Paradis tant que tu y es ? » A l’évidence il ne me croit pas. Je me déplace un peu afin qu’il puisse accéder à l’échancrure dans la roche. Avec ses yeux de jais et sa peau tannée il ressemble à une fouine surprise dans son sommeil. « Pas possible, pas possible, Michel, on a fait une découverte géniale. On va en boucher un coin aux copains de l’école ! ». En effet, on est bien ici parvenus à ce genre de microcosme que les gens nomment ‘Le Turon’, résurgence surgie des entrailles de la terre pour continuer sa course dans le lavoir communal (toutes les femmes du village viennent y laver draps et linge), puis, par un fossé herbeux habité d’orties, rejoint le cours de la Leyre près du pont qui enjambe la rivière.

   Nous demeurons, un instant, muets comme on pourrait l’être face à un crépuscule d’automne flamboyant. Nous sommes fiers et heureux d’avoir fait cette découverte. Longtemps nous en parlerons à nos copains d’école puis, plus tard, aux adultes que nous croiserons aux hasards de la vie. Le jour est encore haut dans le ciel mais nous n’avons pas bouclé notre périple et nous nous préparons à repartir, quand la lumière de la lampe faiblit puis, brusquement, s’éteint. Le bec est sans doute bouché par quelque saleté. Comme par miracle, le fond de ma poche recèle quelques trésors : des billes, un bout de chiffon, un câble à vélo que j’utilise, le plus souvent, pour ligaturer des branches lorsque nous construisons des cabanes dans les bois autour du village. J’en défais patiemment la trame et m’en sers pour nettoyer le bec de la lampe qui reprend son service à notre plus grande satisfaction. « Tu t’imagines, si on n’avait eu que la bougie pour nous éclairer ? Il nous aurait fallu faire demi-tour et renoncer à découvrir notre mystère » J’acquiesce à la sagacité de François et nous repartons bientôt en sens inverse.

   Nous avons rejoint le boyau par lequel nous étions arrivés. Sur le sol, au milieu de filets d’eau qui s’écoulent, la surface est un peu usée mais il nous semble que des marches ont été taillées dans le sol de calcaire. Parfois il nous faut éviter un éboulement, parfois nous recevons sur le visage une pluie de gouttes tièdes qui suintent lentement jusqu’au bout de notre menton. Cette fois-ci, c’est sûr, c’est bien un genre d’escalier qui s’élève, sur lequel nous posons nos pieds avec prudence afin de ne pas chuter. Tout en haut de la volée de marches nous débouchons sur un espace en forme de cercle, en réalité une rotonde taillée à l’évidence par la main de l’homme. Au sommet, une pierre ovale grossière tient lieu de clef de voûte. Nous sommes à une croisée de galeries disposées en étoile. La rotonde est donc le moyeu autour duquel s’ordonnent, à la manière des rayons d’un chariot, ces étranges corridors qui nous trouvent muets, interdits. Le voudrions-nous que nous ne parviendrions à énoncer quelque parole que ce soit. Je présume que nos visages éclairés par le faisceau blanc de la lampe doivent refléter, en une seule et unique expression, joie de la découverte et inquiétude de cette même découverte. Quel mystère se cache donc dans ce monde souterrain habité, à chaque pas, d’une nouvelle surprise ?

   Nous faisons lentement le tour de la rotonde. Nous éprouvons de la main le bâti régulier des moellons de pierre, leur architecture exacte. Mais qui donc étaient les hommes qui avaient longuement oeuvré en des siècles passés, dans quel but, pour quelle vaine gloire, pour aboutir où ? Je saisis le chiffon qui est roulé en boule au fond de ma poche et, comme au gré d’une subite intuition, je m’approche de l’une des galeries. J’ai allumé la bougie pendant que François inventorie d’autres endroits à l’aide de la lampe. Au départ de l’un des couloirs j’ai repéré une pierre plate portant une inscription illisible. C’est une ardoise qui paraît avoir été gravée avec un outil rudimentaire. J’essuie toute la surface avec application. Petit à petit, quelques caractères se dévoilent, laissant bientôt la place à un nom, ‘JOUVENEL’, dont nous savons bien qu’il correspond à celui d’un vieux château en partie ruiné, situé à quelques kilomètres de Barsac. François et moi ne revenons pas de cette surprise. Alors, au comble de l’exaltation, nous nous mettons en quête des autres plaques qui, d’une manière identique, indiquent le départ de chaque tunnel. Et, successivement, voici que se livrent à nous d’autres noms magiques : ‘LA CALITIE’, ‘SAINTE FELICIE’, ‘FORMENTIER’, ‘LES TERRIEUX’. Mais tous ces noms sont ceux des châteaux médiévaux qui entourent notre village, dont les mystères sont évoqués lors des longues soirées hivernales, tout contre l’âtre où flambe un feu généreux. On y retrace, le plus souvent, des batailles entre seigneurs rivaux, des pillages, des incendies, des oubliettes où sont jetés vivants ceux qui sont considérés comme des ennemis. Les gens d’ici racontent tout ceci avec une évidente jubilation et celle-ci s’accroît de la présence de jeunes âmes qui s’effraient d’entendre les forfaits de ces princes nocturnes dont jamais ils n’auraient pu soupçonner l’existence. Ces événements, ils les pensaient inventés, seulement dignes de figurer dans leurs livres d’Histoire, à la façon de lointaines légendes sans grande réalité.

   Tout au long de notre exploration l’heure a tourné et il nous faut sans doute nous résoudre à renoncer à poursuivre notre quête, demeurant ainsi sur un demi-succès. Alors je propose à François de prendre au hasard l’une de ces galeries afin de savoir où elle conduit. Nous montons le long d’un boyau en pente douce. L’eau suinte sur les parois. La roche est claire, brillante, qu’éclaire le feu de la lampe. Plus loin, à quelques centaines de mètres de l’endroit où nous sommes, il y a comme une tache blanche qui semble vibrer dans l’ombre. Au fur et à mesure que nous nous en approchons, cette dernière s’élargit et nous devons bientôt abriter nos yeux en raison d’une vive lumière. Au-dessus de nos têtes, le plafond de la galerie comporte une cavité de dimension moyenne qui est obturée par de lourds madriers de bois que nous identifierons bientôt comme ces traverses de chemin de fer recouvrant le ‘Trou du Diable’, c’est du moins le nom que les habitants de Barsac ont donné à ce genre de puits qui s’enfonce dans l’obscurité de la terre, près du Bosquet de Vignals. Ce puits qui a fait l’objet de tous les racontars. Et pourtant l’une de ces fables disait vrai. Elle disait qu’à la fin du Moyen-Âge les seigneurs des châteaux environnants, avaient décidé, d’un commun accord, de créer un réseau souterrain de galeries qui leur permettrait, en cas d’attaque, de passer d’un château à l’autre et ainsi de sauver tout ce qui pourrait l’être.

   Ainsi, François et moi apportions notre involontaire caution à ce que certains qualifiaient de ‘ragots’, lesquels, en fait, reposaient sur une véritable réalité historique. Nous étions donc devenus, l’espace d’une journée, des inventeurs heureux qui avaient tourné quelques centaines de pages d’Histoire poussiéreuses. Le ‘Moulin Perdu’ était devenu le lieu d’une merveilleuse aventure. Ceci, il nous faudrait en persuader les habitants de Barsac, jeunes et vieux, mais la tâche qui était la plus rude était celle qui consistait à convaincre nos copains d’école, sans doute croiraient-ils à une blague !

  

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