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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 09:56

   Il faut dire, en ce début de III° millénaire, les choses n’étaient guère brillantes, tout allait de mal en pis, toute navigation hauturière ne rencontrait que Charybde et Scylla et le petit peuple qui restait après les ravages de la pandémie se posait de troublantes et irrésolues questions sur son avenir. On prêchait un ‘Nouveau Monde’ dont nul ne savait de quoi il serait fait et il y avait fort à craindre que l’essence humaine, une nouvelle fois, ne chute dans quelque aporie qui ferait de ce fameux ‘Nouveau Monde’ un monde bien pire que l’ancien. C’était comme les résolutions de la Nouvelle Année, elles ne duraient guère que le temps de leur profération et le 2 Janvier ne trouvait que des gens amnésiques qui ne se souvenaient même plus de leurs fermes résolutions de la veille. Mais il ne servirait à rien de se lamenter au sujet de notre condition, au simple fait que c’est elle qui nous détermine bien plus que nous ne pourrions prétendre le faire. Jusqu’ici et de longue date, l’humanité n’avait guère fait que bégayer, reproduisant à l’infini ses erreurs bien plutôt que ses coups de génie. C’est ainsi, nous avons la propension à fêter la dimension exacte de la lumière et, la plupart du temps, nous vivons à l’ombre dans un cocon dont nous croyons qu’il nous protège, mais en réalité nous aliène et tresse autour de nos corps de momies les chaînes qui nous conduisent à la folie puis, bientôt, au trépas !

   A vrai dire c’était l’inclination de l’homme à tout classer dans des catégories arbitraires qui avait faussé la vue des Existants, leur avait fait perdre leur orient et ils progressaient tels des totons fous, dans d’itératives et usantes girations dont ils ne comprenaient nullement le sens. En quelque sorte, ils tournaient pour tourner, non à la manière des Derviches à la recherche d’une spiritualité induite par une sorte d’ivresse, d’extase, mais plutôt comme des Voyageurs aveugles embarqués sur des Montagnes Russes qui paraissaient être sans début ni fin, un genre de mouvement perpétuel auto-engendré, un genre d’ouroboros, de serpent mythique se mordant la queue comme s’il voulait s’ingérer, retourner dans une manière d’unité primordiale dont il aurait perdu toute trace.

   Mais revenons aux catégories. Si l’homme avait été sage il en aurait fait un usage modéré si l’on peut dire, se défiant de ses excès, se confiant à sa sagesse, tâchant de trouver le juste milieu. Eh bien non, l’histoire existentielle des hommes les avait portés à vouloir connaître uniquement ce qu’il y avait de plus haut ou de plus bas, de plus lumineux ou de plus ténébreux, de plus riche ou de plus pauvre, de plus comique ou de plus tragique. Mais cette façon de faire, cet unique privilège uniquement reconnu aux valeurs extrêmes était un fruit qui portait un ver en sa chair. Ce ver consistait en ceci : il ne restait plus à l’homme, en termes de possibilité, qu’à tutoyer le génie ou bien à sombrer dans la folie. Or chacun sait bien, en son for intérieur, que le génie est rare, la folie courante qui se cache sous les traits rassurants du sourire, de la convivialité, de la politesse, de la ‘moraline’ bourgeoise, dans le lexique nietzschéen.  Mais personne ne s’y trompe, toutes ces attitudes ne sont jamais que des faux-fuyants, des genres de simagrées sociales, de ‘faire semblant’ qui font inévitablement penser aux décors de carton-pâte des plateaux de cinéma. L’endroit est brillant, coloré, léché, l’envers n’est que roupie de sansonnet, nul ne saurait prendre ceci pour argent comptant.  

    Afin de ne pas égarer le Lecteur, nous donnerons ici quelques exemples concrets de cette dérive de la Raison qui aurait pu constituer un ‘Eloge de la Folie’, selon le titre de l’ouvrage de l’excellent Erasme de Rotterdam. On n’avait donc pesé les choses, jusqu’ici, qu’au trébuchet de l’irraison, à savoir n’apercevoir en elles que leur degré supérieur ou bien inférieur, leurs moyens termes s’effaçant ainsi au profit de ce qui faisait Jour ou Nuit, négligeant les belles heures de l’Aube et du Crépuscule. On avait laissé s’affronter en une sorte de pugilat les couples d’opposés :

 

Noir/Blanc

Diable/BonDieu 

Immanence/Transcendance 

Bien/Mal 

Beau/Laid 

Microcosme/Macrocosme 

Matière/Esprit 

Dionysiaque/Apollinien

 

   et la liste serait longue de ces affrontements du réel. On avait donné quitus au Noir, au Blanc, on avait négligé le Gris, cette belle teinte médiatrice qui contient à la fois sa propre nature mais aussi celle de ses coreligionnaires, ils sont les Proches dont aucune dissociation ne saurait être opérée sauf par l’opération d’abstraction du concept. C’est un peu comme si, sur un planisphère, on ne considérait que Pôles et Equateur, rayant du globe Tropiques et régions tempérées.

   Pour autant certaines personnes, plus lucides que les autres, sans doute plus rationnelles, postulaient un changement radical d’existence au motif que la pâte humaine ne pouvait se contenter, vitam aeternam, de reproduire ces schémas anciens, usés jusqu’à la corde. Celle-ci menaçait de rompre et il fallait songer à la remplacer par une autre, plus solide, plus qualitative, qui servirait l’humain en sa plus noble dimension. On avait donc échangé la Terre pour la Vénusie, ce lieu de ressourcement, d’idéalité, de félicité pour les cœurs simples et les âmes bien trempées. Mais, ici, il convient d’expliquer ce terme étrange de ‘Vénusie’. Il est forgé sur Vénus, la Déesse de la mer, de la beauté et de l'amour, cette Merveilleuse née d’une vague de l’océan. Elle qui ne peut vivre sans beauté, elle pour qui la Terre se couvre de fleurs à sa seule venue. En elle tous les motifs étaient dessinés qui abattaient d’un coup les dogmes étriqués, les projets politiques sournois, en elle l’égoïsme se dissolvait, lui  qui faisait des ravages, en elle tout s’allégeait du poids éthéré de l’amour, les religions abandonnaient leurs croisades, les sectes leurs conditionnements, les confréries leurs cercles fermés, les sociétés ésotériques leurs rituels abscons. Ce que les hommes avaient mis en exergue de leur vie, avant tout, la BEAUTE, dont ils pensaient que le rayonnement abolirait toute espèce de vice, de trucage, d’attitude malsaine, chacun se sentant appelé par la vérité, la simplicité, l’immédiate jouissance des choses dans une manière de Jardin des Hespérides, doué d’immortalité, réservé aux Dieux mais où, d’après eux, ils pourraient accéder s’ils consentaient à être beaux et droits eux-mêmes. Parfois ils rêvaient aux sources d’ambroisie, à l’arbre fabuleux qui donne les pommes d’or. Mais cependant ils savaient qu’il s’agissait là d’un songe et ne tombaient jamais dans l’utopie qui les aurait aliénés au même titre que l’avaient fait tous les spectacles et commedia dell’arte d’un monde devenu maintenant ancien, obsolète, il ne figurait plus dans les mémoires qu’au titre d’une archéologie se perdant dans les brumes de jadis.

   Alors, l’on se demandera, à juste titre, comment vivait cette Société Nouvelle dont on espérait qu’elle ferait se lever de nouveaux horizons, ouvrirait des perspectives inconnues, livrerait des histoires réelles, tangibles, incarnées que, jusqu’ici, l’on pensait être de pures fictions. Il y en avait assez des perpétuels recommencements, de ces modes cent fois remises sur le métier dont on nous disait qu’elles nous sauveraient du péril de l’anonymat, de la perte dans des zones grises où nous deviendrions fatalement invisibles, inaudibles, des riens en quelque sorte. Eh bien, il faut croire qu’un miracle s’était accompli ou, à tout le moins qu’une métamorphose avait eu lieu qui avait chamboulé le monde, nous le présentant sous des formes dont, jamais, nous n’aurions pu soupçonner qu’elles pussent exister. La Nouvelle Société, pour l’essentiel, était constituée de communautés aisément reconnaissables, non en raison de quelque uniforme dont elle se serait vêtue, c’eût été s’aliéner une fois encore, mais dans la simple apparence qui lui convenait, celle d’une affinité évidente existant entre ses membres. Cependant, que le mot de ‘communauté’ n’aille nullement induire en erreur, faisant signe vers l’ancien ‘communautarisme’, lequel voulait imposer sa culture, ses valeurs aux groupes qui possédaient des amers différents. Non, la communauté était communauté d’intérêts, de points de vue, de ressentis et n’oublions pas que la BEAUTE était le pivot essentiel autour duquel tout tournait et faisait sens.

   D’une manière approximative, les Communautés étaient calquées sur les étapes du développement de l’art en ses principales manifestations. Ainsi trouvait-on la ‘Communauté des Paléolithiciens’, à savoir des amateurs de ce bel art paléolithique qui avait marqué de manière originale la naissance des œuvres picturales. Ils admiraient les propulseurs sculptés, les mains négatives pariétales accompagnées de leurs ponctuations, tout le bestiaire gravé ou peint sur les parois, cerfs, félins, mammouths aux formes trapues, bisons, bouquetins et aussi les Vénus aux lignes pléthoriques. Leur emblème était la ‘Vénus de Laussel’, cette pierre ambrée, couleur de chair rayonnante. Pour autant ils ne pratiquaient aucun culte à son égard car cela aurait consisté à retomber dans les ornières de l’idolâtrie qui, en certaines époques, avait fait tant de mal à l’humanité. Ils en réalisaient des croquis, des esquisses qu’ils traçaient à même les parois de leurs grottes car ils voulaient être en harmonie avec leurs goûts, ne différer en rien des œuvres qu’ils admiraient.

   Il y avait les ‘Primo-Renaissants’. La plupart vivaient dans des palais vénitiens ou florentins aux riches apparats. Toutefois ils ne se laissaient nullement aveugler par ce luxe patricien. Il n’était qu’un écrin pour les œuvres rares qui y figuraient. Bien évidemment, une beauté jouait en écho avec une autre, une beauté était renforcée de la présence d’une toile contiguë. Une de leurs œuvres favorites était le ‘Portrait de Simonetta Vespucci’ de Piero di Cosimo. Ce tableau était un monde à lui seul. Ils voyageaient à l’intérieur de la toile comme ils l’auraient fait dans un paysage réel. En songe, ils parcouraient le beau corps dénudé de Simonetta, un doux albâtre rehaussé d’ivoire aux parties les plus troublantes de la féminité, ils contournaient la parure du cou, un serpent sans doute synonyme de tentation. Ils montaient jusqu’à la chevelure blonde enserrée dans un bandeau semé de pierres précieuses, de soies chatoyantes. Ils parcouraient la noble argile couleur de bonheur, s’allongeaient sous les ramures des arbres agitées de vent, escaladaient la colline d’où se laissait embrasser une vaste vue sur une mer couleur d’opale. S’ils étaient amateurs de culture, pour autant ils n’avaient nullement déserté la Nature, celle archaïque, primordiale, traversée de remous et de contradictions, celle que les Anciens Grecs nommaient ‘phusis’ dont ils ressentaient les tremblements dans les vibrations mêmes de la toile et jusqu’au centre de leurs corps.

   Il y avait les ‘Sublimes’, ceux que le Romantisme chamboulait au point d’opérer en eux un genre de retournement. Ceux-là vivaient sur les rivages nordiques pris de brume, traversés des aiguilles piquantes du Noroît. Bien entendu ils avaient dressé des tentes en peau de renne, les avaient doublées d’une laine épaisse qui sentait le suint mais protégeait du froid. Quel que soit le temps, ils installaient leurs chevalets sur la plage, l’assujettissaient au sol mouvant à l’aide de grosses pierres. De leurs longs pinceaux aux poils de martre ils léchaient consciencieusement la peau de la toile qui devenait, l’instant d’une création, leur Maîtresse. De la nasse de leur subconscient ils extrayaient images et sensations, ces dernières empruntées à la belle œuvre de Caspar David Friedrich, ‘Mer de glace’. Ils ressentaient le tranchant des fragments à même leur chair, non comme une morsure mutilante, plutôt à la manière d’un aiguillon qui fouettait leur sens esthétique et leur enjoignait de réaliser ce chef-d’œuvre qui était l’aboutissement de toute une vie. Nul esprit de compétition, seulement une juste émulation, la confluence d’affinités mystérieuses qui les dépassaient mais les accomplissait au-delà de toute espérance.

   Il y avait encore ‘Paysage avec une rivière et une baie dans le lointain’ de Joseph Mallord William Turner. Ceux qui avaient élu ce Peintre logeaient également en limite de mer mais dans des conditions moins rigoureuses que celles exigées par ‘Mer de glace’. Ici, tout se donnait dans un genre d’astigmatisme, de flou irréel de la vision. Les Romantiques, du reste, semblaient apprécier ce décalage du réel, certainement au motif que ce tremblement était, en quelque manière, appel de la rêverie, perte de soi en des terres imaginaires tout entières voués à l’exercice d’une pure liberté. Ici, dans ce généreux espace sans contours précis, aux abords de l’illimité, beaucoup se prenaient à espérer en des jours infinis, lumineux, que rien ne viendrait contrarier, chacun s’orientant à sa guise sans cependant renoncer à voir toujours émerger de cette brume diaphane la Déesse aux mille attraits, celle qui avait décidé, à leur insu, d’infléchir de manière significative, la ligne de leur destin. Oui, leur destin qui, maintenant, ressemblait à ce trajet lumineux d’une rivière frayant son chemin parmi la blondeur des sables, le miroitement de la mer au loin figurant cette félicité que les hommes avaient longtemps attendue sans en voir la fuyante silhouette.

   Il y avait le ‘Club’ des ‘Post-Impressionnistes’, ceux dont l’existence entière se référait aux oeuvres inimitables du génial Vincent Van Gogh. Ils avaient élu domicile près d’Arles, dans cette campagne provençale certes abrupte, solaire en diable, mais Van Gogh lui-même, l’exilé de Hollande, n’en était-il le pur produit, celui qui en avait saisi l’essence jusqu’en son plus intime ? On ne pouvait évoquer cette région et laisser son peintre fétiche dans l’ombre. Chaque année, sans que cela atteigne la force aveugle d’un rituel, ils se livraient à ce que l’on pourrait nommer une ‘commémoration’, à la mémoire de Vincent. Ils s’habillaient d’habits rustiques, des toiles bleues délavées le plus souvent, se rendaient dans un champ de blé qu’ils coupaient à la faucille, dressaient à la fin une gerbière, ces tiges assemblées pareilles à un soleil. Puis, par petits groupes, dans la tache d’ombre fraîche, ils s’adonnaient à une longue pause méridienne, cette sieste que Van Gogh avait si bien peinte fin 1889, début 1890, à Saint-Rémy de Provence, alors qu’il était interné dans un asile. Une de ses dernières œuvres avant sa mort. Un ultime repos avant le long et définitif. Les ‘Post-Impressionnistes’ en connaissaient la valeur et, peignant ou tâchant de peindre à leur tour ‘La Méridienne’, il s’agissait en fait d’un hommage rendu à ce génie solaire trop tôt disparu, une brusque apparition dans le domaine des beaux-arts puis une éclipse et puis plus rien. C’est bien cette sauvage beauté vangoghienne que ses ‘héritiers’, en quelque sorte, essayaient de retrouver à la mesure de leurs modestes moyens.

   Il y avait enfin, mais l’énumération pourrait durer ce que durent les œuvres belles, à savoir une éternité, il y avait les ‘Imaginatifs’, ceux qui témoignaient de l’œuvre singulière du Douanier Rousseau. On aura compris que ses admirateurs n’aimaient rien tant que la nature, son exubérance tropicale, la beauté infinie de sa prodigieuse corne d’abondance. Ils séjournaient, d’un commun accord, au profond d’une jungle où tout se donnait selon une inépuisable prodigalité. En quelque manière ils avaient reconstitué la scène théâtrale dressée par le Douanier, avaient façonné une femme nue aux tresses pareilles à deux cordes d’eau. Le corps était d’écume qui reposait sur un sofa bordeaux. Partout croissaient, dans une manière de confusion ordonnée, de hautes fleurs aux pétales bleus, chair, parme. D’immenses fougères montaient vers le ciel. Des fruits jaunes faisaient éclater leurs soleils dans le vert-bouteille des feuillages. Des oiseaux aux larges rémiges caudales, au plumage sombre se tenaient, silencieux, dans ce qui ressemblait fort à un Paradis. La lune blanche teintait doucement le ciel d’une touche lactescente. On imagine combien la vie des Communautaires devait être somptueuse, ici, bordée de perles et cousue de brandebourgs rehaussés d’or. Mais nulle ostentation, beauté seulement.

   EPILOGUE - Certes on pourra développer nombre d’arguties, prétendre que de telles existences ne se peuvent trouver que dans des livres imaginaires ou bien dans quelque grimoire d’alchimiste, dans les pages glacées d’un album pour enfants. Cependant, nous pouvons vous l’assurer, ce monde existe, non seulement dans des œuvres peintes mais dans le réel le plus concret qui se puisse imaginer. Non, il ne s’agit ni d’une fable, ni d’une comptine surgissant de la tête d’un Illuminé. Mais ce monde, il faut le vouloir, donc renoncer à ses habitudes anciennes, sans doute se dépouiller de son confort, surseoir à la douceur d’une vie bourgeoise enrubannée et poudrée comme une Marquise du XVIII° siècle évoluant dans un salon d’apparat.

   L’on pourrait penser ces Communautés autarciques, coupées du monde, à l’écart des autres Communautés. Mais ceci n’est qu’illusion de gens cultivés, mieux même, ‘formatés’ par les conditionnements de tous ordres dont notre Ancien Monde n’est guère avare. Ces Communautés forment un tout uni. Mais unies par quoi ? Par leurs AFFINITES, par la BEAUTE qui est leur mot d’ordre fédérateur. Certes, chaque Communauté visée à la loupe, semble se donner à l’aune d’un microcosme fermé, sinon d’une ‘monade sans portes ni fenêtres’. Mais ceci n’est qu’une illusion, comme le serait le fait de croire, à leur sujet, à une existence purement utopique. Ici, chacun se détermine en soi et pour soi mais aussi pour les autres pour la simple raison que l’Art est un Universel, qu’il appartient à tout le monde et à personne en particulier. Il en est de même des affinités, elles nous relient inconsciemment - l’inconscient est aussi un universel -, à l’ensemble des archétypes du monde qui nous modèlent et que nous avons en partage avec Ceux, Celles de la Terre. Le problème avec la terre traditionnelle, celle de ‘l’Ancien Monde’, c’est qu’elle ne fonctionne que sur le mode de la propriété, de l’avoir, de la division, de la lutte et, en définitive, de la guerre. L’Art est une si haute figure, une si haute valeur que nous ne pouvons que nous incliner devant sa transcendance, nous réfugier dans notre immanence mais à condition de nous en extraire pour donner lieu et temps à cette divine Beauté sans laquelle nous ne serions que des orphelins aux mains vides. Or ce que nous voulons, c’est d’un seul et même geste, donner et recevoir. Donner à l’ami qui donne en retour. Quoi donc ? Mais de la beauté !

 

 

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