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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 09:29
Ton nom de Pierres Blanches

                      Photographie : JP Blanc-Seing

 

***

 

 

Ton nom de Pierres Blanches,

NIKITA,

Trois simples syllabes

Qui claquaient

Dans l’air pervenche.

 Comme ceci NI,

Comme le refuge de l’oiseau,

KI, comme le pli du souffle,

TA, comme le possessif.

 

Mais qui donc, Nikita,

 Toi la Fille du Vent,

Pourrait donc se targuer

 De te posséder,

Toi la libre qui n’as

Ni lieu, ni temps,

Ta seule vérité

Cette empreinte

Sur la colline de pisé,

Cette énigme à jamais

 Dont même le Sphinx

N’eût pu décrypter

Le message codé ?

 

Ignores-tu combien,

Dans ce matin

D’un premier soleil,

Mon trouble était avivé

De la trace par toi laissée ?

C’est terrible, Nikita,

De découvrir un luxe soudain

Et de ne jamais pouvoir l’enserrer

Au creux de ses mains.

 

Ton nom de Pierres Blanches,

Nikita,

Etait-il l’écho de ta hanche

Que je présumais troublante,

Saisie de mille picots

Disant la délivrance

D’un subtil écot ?

Sur ce coin de la terre,

Nikita,

En ce réduit du monde,

En cette invisible faille du jour,

Deux nous étions

Sous la voûte du ciel :

Toi que je ne connaissais pas,

Moi qui devenais,

De plus en plus,

A moi-même,

Ma propre inconnue.

 

Ne pas te savoir mienne,

Toi l’irrésistible,

Tutoyait l’indicible

Et mes yeux voguaient

Au loin embrumés

D’une infinie tristesse.

Comment étais-tu

Dans le réel

Qui flamboyait ?

Portais-tu des tresses ?

 Etais-tu rousse

 Avec des yeux verts ?

On dit ces Filles

Au tempérament de feu

Qui dévorent,

Telles les mantes,

L’objet de leur amour.

 

Ô combien, en un sens,

J’eus préféré m’immoler en toi

 Juste après la rencontre des corps.

 Ô crois-le bien

Sans aucun remords.

Certes, je n’aurais saisi de toi

Que la violence de ta loi,

Que l’étreinte mortifère

Mais peut-on survivre au feu

 Qui vous a brûlé

A cinglé votre âme

 Jusqu’en son principe premier,

Ce haut vol qui, jamais,

Ne devrait retomber ?

 

Ton nom de Pierres Blanches,

Nikita,

Abusé par mes sens,

Taraudé par mes fantasmes,

 Ne s’était-il donc mystérieusement

Métamorphosé

En LOLITA,

Même nom à un iota près.

Mêmes syllabes libres et claires.

Trois notes de clavecin

Tout contre la promesse

D’un fastueux festin.

 

Alors, Nikita,

 Je te voyais

Dans la douceur de l’âge,

Certes pas très sage,

Sans doute un peu volage,

Mais c’est ta primeur

Qui parlait à mon cœur,

C’est ta troublante naïveté

Qui m’ourlait de félicité.

 

 Oserais-je te dire

Telle que je t’imaginais,

Tes pieds mignons chaussés

 D’escarpins armoriés,

Tes mi-bas qui dévoilaient

Ton teint de rose,

Ta jupe si courte,

Elle incitait au voyage

Dont nul ne revient,

Même le plus ascète

Des patriciens.

Ton corsage enserrant

Deux fruits pommelés,

On eût dit des nuages

Dans le ciel apprêté.

 

Et ton visage,

 Cette nuée de bonheur

 Au milieu de tant de candeur.

Et ton sourire

 A peine esquissé,

Un rayon de soleil

Au cœur de l’été.

Et l’éclair de tes yeux,

 L’écho de ta chair

Dans le jour joyeux.

Ô Nikita-Lolita,

Puis-je encore demeurer

Dans l’essaim de tes bras ?

Te dire l’amour inaliénable

Que je te porte, ici,

Dans l’inenvisageable rime

Que trace ma vie

A mesure que mon regard

Te porte au centre même

De l’abîme ?

 

Un instant seulement,

Je t’aurais crue perverse,

Peut-être liée à quelque démon

Et mon chemin de hasard

Ne se fût tracé que dans

Un illisible limon.

Et pourtant,

Aimée hallucinée,

Es-tu autre chose qu’une fumée

S’élevant dans le ciel de mes idées ?

Fantasques, je dois bien l’avouer,

Moi l’éternel rêveur distillant

Mes pensées

Au hasard des nuées.

 

 

 

 

 

 

 

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