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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 08:57
Ce dos dans la cendre du jour

 

                       Chemin de poussière

                       Œuvre : Dongni Hou

 

 

*

 

 

Ce dos dans la cendre du jour

Cette fuite à rebours

 

T’appartenaient-ils au moins

Ou bien étaient-ils ce départ au loin

Cette inconnaissance de toi

Jamais on n’enclot sa loi

La tutoie seulement

Dans l’à-peine présent

Et les choses disparaissent

Dans la fondrière traîtresse

 

*

 

Tu avais beau implorer

Tu avais beau interroger

Tout fondait dans le gris

Des espaces meurtris

Rien ne se donnait vraiment

T’en coûtât-il d’en sonder

Le terrible dénuement

Le reflux là-bas émondé

Des souvenirs

Pareils à des soupirs

Exhalés du vide

Ils y sont apatrides

 

*

 

Ce dos dans la cendre du jour

Cette fuite à rebours

 

Dont tu ne voyais

Que reflets de miroir

Ils étaient ton passé

Celui qui se perdait

Dans ce fond si noir

Ce dos  était un au-delà

Une terra incognita

Une partie au large de toi

Le clignotement d’une voix

Un archipel perdu

Au mitan des flux

Un isthme si étroit

Ton âme y poudroie

Dans le sombre réduit

D’un réel sans d’appui

 

*

 

Que territoires existassent

A ton corps défendant

Ceci était insigne menace

A l’horizon des ans

Tu en sentais la lame d’exil

Le vertical péril

Tu aurais voulu

Dans ta geôle exiguë

 Te détourner de toi

Saisir un fin grésil

Il n’en demeurait qu’un fil

Une lanière de soie

Le ressac d’une joie

Bien mince était le ru

Qui égouttait tes yeux

Il disait la venue

D’un destin ténébreux

Ton affliction était visible

Esprit sensible

Ton émotion intacte

Vérité la plus exacte

 

*

 

Bien des vivants

Bien des errants

Ne savaient de toi la discrète

Qu’épiphanie soustraite

Vision distraite

Ce langage de sourd-muet

Ton corps en était le reflet

La blancheur de ta peau

L’insoutenable écho

Ô combien nous aurions voulu

Te retournant face à nous

Au-delà de ton gracile cou

Deviner ton noble statut

Surprendre ton visage d’ange

Chanter à l’infini tes louanges

Nous voguions dans l’étrange

Et voulions nous rassurer

Car il y avait danger

A plus longtemps t’ignorer

Inconscients nous étions

De ton bel abandon

 

*

 

Ce dos dans la cendre du jour

Cette fuite à rebours

 

Au croisement de la vêture

Comme pour dire la biffure

Et cette rouille des cheveux

Et ce rose passé des nœuds

Et cette chair

Au motif si clair

Et ce deuil du corps

Cet infini trésor

Jamais nous n’en serons

Les possibles diapasons

Puisqu’en chemin

Tu nous laisses orphelins

Nous n’avons pour destin

Que d’embrasser

La poussière

Nulle prière

N’en souhaitât jamais

L’invisible frontière

Jamais

 

*

 

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