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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 08:05
Blonde vision

                Photographie : Blanc-Seing

 

 

***

 

 

 

Parfois les hommes

 

Dans leurs rêves de soie

Et d’organdi

Voient ce que

Depuis longtemps

Ils attendaient

Dans un nuage de joie

L’amour en son éclat

Cette étrange beauté

Ils n’en peuvent douter

Est venue tout juste

Pour eux

Leur apporter le muguet

De son feu

Heureux ils le sont

Plus qu’un adolescent

En son destin innocent

 

*

 

Parfois les hommes

 

Du fond de leur sommeil

Tendent vers l’avant

Leurs mains

Aux ongles vermeils

Essaient de happer

La moindre parcelle

De félicité

Ici le sourire éclatant

D’une Belle

Là la promesse

D’un avenir radieux

Un vent léger

Sur des lèvres carminées

Le doux clignement

D’une paupière

Le feu assourdi

D’un khôl

Le désir planté

Au fond d’une pupille

A ce jeu puéril

Ils gaspillent

Le peu qu’il leur reste

De vie

 

*

 

Les jours sont si pressés

Qui font leurs forêts

D’hirsutes brigadiers

Leurs sombres emmêlements

Leurs buissons

Aux éclairs si ardents

 

*

 

Parfois les hommes

 

Dans l’étrange remuement

De leurs âmes

Sont pris de tremblement

Et le  bruit d’une lame

Venue du plus loin de l’espoir

Un triste soir

Brûle telle une flamme

 

*

 

La douleur

Ils n’en sentent pas

La profondeur

Ils sont bien au-delà

Dans l’insondable rumeur

Des consciences perdues

D’eux-mêmes

Ils sont exclus

D’eux-mêmes

Ils n’osent plus

Hanter les sombres couloirs

Visiter les inutiles reposoirs

Tant désertés ils sont

De tout espoir

 

*

 

Leur vue est

Si basse

Que dans le tain du miroir

Ils n’aperçoivent

De guerre lasse

Que le tout dernier éclat

De leur histoire

Leur existence si longue

Qui s’étend d’un horizon

 À l’autre

Paraîtrait bien dérisoire

A qui voudrait tenter

D’en déchiffrer

Le cours en forme

De périssoire

Leur navigation

Plus qu’illusoire

Ils en cherchent fiévreusement

La trace pareille à un  onguent

Dont ils voudraient vêtir

La herse de leurs jours

Avant que le mal définitif

Ne les atteigne

Sur le frêle esquif

La coquille de noix

Qui vogue vers le Styx

Avec sa voile en forme de croix

 

*

 

Parfois les hommes

 

Sur le drap blanc

De leur sclérotique

Tels des héros tragiques

Revenant au foyer

Après maints périples

Reniés par leurs anciens disciples

Pris d’une soif inextinguible

Projettent sur la toile

De leurs fantasmes

Quantité de belles âmes

Foultitude de jolies dames

Tout ceci pour du beurre

Car tout ceci n’est qu’un leurre

Une habile fantasmagorie

Une sombre supercherie

 

*

 

Parfois les hommes

 

Rêvent debout

Et tant mieux

Plutôt rêver

Que de croire

À la réalité

A la Ré-a-li-té

 

*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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