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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 08:13
Plus que ce lien

                   Photographie : Blanc-Seing

 

 

***

 

 

Sommes-nous plus que ce lien

Qu’on dirait voué

 

Aux sombres abysses

Là sont les poissons

Aux yeux aveugles

Qui nous toisent depuis

Leur regard de méduse

 

Du plein de l’eau

Ils nous disent

Notre éternelle chute

Dans ces fonds

Qui ne sont que

Nos consciences torturées

Par le désaveu de vivre

 

Longs sont les jours de corde

Auxquels nous tendons

Le vide de nos cous

Ils enlacent nos existences

Avec l’insistance d’un présent

Qui ne connaît plus le lieu

De son heure

Ils nous pénètrent

Avec la force

D’un pieu chauffé

À blanc

Ils traversent

 Notre dure-mère

Y gravent les stigmates

D’une incolore douleur

 

Alors nos mains

Battent le vide

Alors nos corps

Sont aux abois

Et les forêts alentour brûlent

Telle notre âme calcinée

Alors notre destin a l’épaisseur

D’une usure ancienne

D’une pièce de monnaie

Sans avers ni revers

Cette étroite carnèle

Ne faisant retour

Qu’à la vacuité

De son être

 

A quoi servirait-il

De méditer plus longtemps

Sur un sens à donner

A notre marche

Vers demain

Puisque demain

N’existe pas

 

Tout se défait

À être à peine touché

L’amante dont nous faisions

Le but de nos hasardeuses

Recherches

Voici qu’elle glisse

Telle la noire anguille

Dans sa nasse de fer

Quelques écailles seulement

En marquent le passage

Quelques ondes en indiquent

Le temps de perdition

 

Sommes-nous plus que ce lien

Qu’on dirait voué

 

A n’être que piège

Faux-semblant

Trompe-l’œil

Dont notre esprit

Ne saisirait jamais

Que les immatériels lacets

Ce tremblement de l’instant

Toujours déjà évanoui

Avant même le geste

 De la capture

 

Ô trop déchiffrable nœud

Du destin poinçonné

Au chiffre du pathétique

Telle l’antique tragédie

Où Phèdre jouée des dieux

N’allume sa passion

Qu’à incendier son sang

D’un coupable amour

Qui l’aliènera

La reportant à l’impossible

 La Mort est au bout

Qui attend son dû

 

Sommes-nous plus que ce lien

Qu’on dirait voué

 

A apparaître

Comme temps commettant

Ses basses œuvres

Serions-nous le lien lui-même

Maitre de son périple

Ou bien son jouet

Cloué au centre de la scène

Ce délire immémorial

Par lequel la tribu humaine

Trouverait l’espace

De sa propre agonie

 

Toute réponse serait de trop

Nous savons le berceau

De l’énigme

Depuis notre orageuse naissance

Tout attachement

Se délie constamment

Du fondement dont il a surgi

 

Que vienne le Jugement Dernier

Que vienne le trébuchet

Dans lequel nos actes

Seront pesés

 

A nous absenter

Nous sommes disposés

Tout comme le jour décline

Pour laisser place à l’ombre

Salvatrice de nos plaies

Toujours elles se referment

Le gisant de pierre est là

Qui attend le luxe

De nos corps

Ô lien dicible

De l’événement singulier

Paraître sur fond de néant

Le seul accueil

Qui nous soit réel

Il est don ultime

Don

Ultime

Existe-t-il

Une parole

Après ceci

Une

Seule

 

*

 

 

 

 

 

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