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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 15:39
Cette eau fuyante à qui tu ressemblais

             Photographie : Blanc-Seing

 

***

 

 

Cette eau fuyante à qui tu ressemblais

 

Y avait-il d’autre profil à saisir

De toi que cette eau fuyante

Ce remuement de bulles

Cette étrange clarté

Cette fuite du jour

Vers son unique destin

 

***

 

Semblable au fragile éphémère

Tu en avais la consistance de soie

La transparence de cristal

Et cette irrépressible joie

A toujours esquiver

Ce qui venait à toi

Que sans doute tu vivais

Comme le sceau

D’une effraction

Dans la nuit

De ton propre mystère

 

***

 

Personne n’avait jamais pu

T’approcher

Si ce n’est la palme du jour

Le tremblement de l’heure

Toutes choses sans conséquences

Toutes effusions contenues

Dans le ressac même

De leur propre vacuité

Dans la braise vite éteinte

Que la cendre métamorphosait

En ce rien dont tu paraissais

Le subtil écho

 

***

 

Cette eau fuyante à qui tu ressemblais

 

En avais-tu au moins éprouvé

Le rare l’indicible

Cette essence qui se faisait

Gouttes

Puis ruisseau

Puis rivière

Enfin estuaire perdu

Dans les flux du vaste océan

 

***

 

Savais-tu au moins

Le prix de ton parcours

Savais-tu les Amants

Qui longeaient tes rives

Les enfants insoucieux

Qui gambadaient

Les vieux messieurs

Aux rêves usés

Les belles du passé

En leur confondante peine

Voyais-tu cela depuis

Ton souple glissement

 

***

 

Cette eau fuyante à qui tu ressemblais

 

 

Vois-tu combien il est étrange

De poser toutes ces questions

Elles ne concourent qu’à m’égarer

A ne t’envisager qu’à être

Une feuille d’air

Jouée par le vent

Pourtant il serait si doux

De faire ton portrait

De l’enchâsser

Sous le dôme d’une vitre

D’allumer à son entour

Quelque lampe destinée

À veiller une Icône

À prier une Déesse

Dans la lumière étroite

D’un clair-obscur

 

***

 

Mais ne seras-tu donc jamais

Que cette Fille au fil de l’eau

Cette mousse

Cette écume

Que le premier vent chassera

De ses doigts véniels

Que le premier gel

Métamorphosera

En dentelle de glace

 

***

 

Es-tu bien réelle

Toi qui visites mes songes

Tiens le fanal de ma rêverie

Éveillé

Toi qui n’es toi

Qu’à être le souffle

Entre mes lèvres

Le mot d’un poème

La césure d’un vers

L’ode jamais finie

De ce qui me visite

Avec l’insistance

D’un refrain de nuit

 

***

 

Ô toi ma Présence

Ne t’efface donc point

Dans la poudrée du jour

Je serais l’inconsolable

À jamais

Et il ne convient nullement

A mon âme d’errer

Infiniment

J’ai à me poser en toi

Ailleurs serait

Un renoncement

L’annonce du rien

Or ceci

Je ne veux l’envisager

La lumière est forte

Qui taraude mes yeux

Oui forte

Plus que tu ne pourrais

L’imaginer

Toi

La main qui me fait défaut

Pour connaître mon corps

Toi

L’esprit qui vacille

Et ne s’appartient plus

Ne se connaît plus

Y aurait-il pire châtiment

Je te le demande

Ne me laisse pas au silence

Celui-ci est un tel CRI

 

 

***

 

 

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