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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 09:24
Eaux vives du Temps

                      « Still in the dark »

 

             Photographie : Alain Beauvois

 

 

***

 

 

C’était ceci qui vrillait l’esprit

Cette initiale lueur

Dont on ne savait rien

Cela partait de loin

Cela glissait longtemps

Cela faisait son énigme

Comme si

Depuis toujours

Une onde vous traversait

Dont vous ignoriez la trace

Ne soupçonniez la ductile empreinte

Au sein même du fortin

De peau et de chair

 

***

 

Cela faisait

Sa Petite Musique de Nuit

Son clair ruisseau

Cheminant depuis l’aube du Temps

Une sourde réminiscence

A l’orée de la conscience

Une feuille tombant

Dans le luxe d’une lumière

D’automne

 

***

 

Il y avait tant de paix

Recueillie dans la conque nocturne

Tant d’yeux éteints

Sur la courbe du firmament

Tant de joie ouverte

Là à portée des yeux

Là dans l’anse disponible

De la main

Là dans le creux de l’oreille

Qui vibrait au rythme

Du Silence

 

***

 

Oui c’était un grand bonheur

Que d’être là

Sans certitude aucune

Là dans l’accueil de l’être

Porté infiniment

A ce qui adviendrait

Qui ne pouvait s’illustrer

Que sous la figure

D’une vacance

Signe inaugural

D’une Liberté

Qui ne disait son nom

Mais se postait à l’angle

De la Nuit

Dans sa ressource

La plus réelle

 

***

 

Que restait-il à faire

Sinon flotter entre

Ciel et Terre

Attendant l’Etoile

Devinant la parole glacée

De la Lune

S’accordant au souffle

De clarté qui tombait

Des nuages

Gagnait l’eau en

Son unique reptation

Elle voulait dire

Le Passage

La fragilité

La question jamais résolue

De sa Place ici

Parmi les congères d’incertitude

Les injonctions muettes

Des astres

La marche du cosmos

Dans l’ordonnancement du Monde

 

***

 

On demeurait en soi

Dans la confiance de sa passée

On demeurait et on cherchait

La Dimension

La Seule qui nous installerait

En nous

Dans cette aire bienveillante

Qui girait sans cesse

Et nous distrayait

Parfois

De notre exact

Cheminement

 

***

 

On regardait la plaine frémissante

De l’Eau

En son étrange parcours

Cela rayonnait en soi

On aurait cru un feu

Un fanal intérieur

Nous disant notre amer

On cherchait le Temps

A la lueur des Eaux Vives

Il était là

Devant

Derrière

Tout autour

Il était là sans délai

Il dessinait la clairière de notre peau

Il sculptait la glaise de notre corps

Il portait en nos yeux

L’ineffable clair-obscur

Des choses sans détour

Au creux de nous

A la source efficiente

Qui sourdait

Pareille

A une pluie

De comètes

Oui

De

Comètes

Il n’y avait que ceci

A dire du Temps

Rien de plus que l’Être

L’orbe du Néant

Dans la pureté du Lieu

Une Attente

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