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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 10:02
Debout dans la lumière

« Seul le silence survivra »

Œuvre : Dongni Hou

 

***

 

 

Seul le silence survivra 

 

Partout où le regard jetait ses flammes

Etait le Désert

La Grande Désolation

La Terre ravinée

En ses plus grands chagrins

Le Ciel entaillé

De profonds sillons

Les Etoiles en leur robe diurne

Mais endeuillées

Mais tristes d’être seules

Mais usées de croître

Dans

Le

Vide

 

***

 

Plus rien n’avait lieu

Que le tournoiement

Des choses

Dans l’Azur éreinté

Loin étaient les hommes

Dans leurs parures chamarrées

Loin les femmes dans la discrétion

De leur apparaître

Les ombres se traînaient

Sur des dais de poussière

L’obscur glaçait les caniveaux

Les renards

En robes de feu

Glissaient au plein de leurs terriers

 

***

 

C’était la grande transe du Monde

La dimension invisible

De son retrait

Le tintement étrange

De son renoncement à être

 

***

 

Interrogeait-on encore

La Maison de Céphée

L’éclair de Cassiopée

Le Point brillant de Véga

Questionnait-on

Le destin racinaire des arbres

Le foisonnement des eaux

La lueur d’étain des lagunes

La façade rose

Du Fontana Rezzonico

Se demandait-on quoi que ce fût

Du lacet mercurial

Du cobra

Du tintement des gouttes de pluie

Sur les grotesques

Des Jardins de Bomarzo

De la Porte de l’Ogre

Entrée béante des Enfers

De la Maison penchée

Son air de Tour de Pise

 

***

 

S’inquiétait-on

De tout ce qui croissait

Dans les rumeurs améthystes

Du frais vallon

De tout ce qui lançait sa voix d’airain

Parmi les colonnes doriques

Les chapiteaux des Temples

Les scènes de Théâtre

Où se déroulait l’antique tragédie

Des Déambulants parmi les méandres

De la mangrove mondaine

Etait-on encore à soi

Dans la juste cause des Hommes

Dans l’inquiétude de leurs Compagnes

A en longer le souci diagonal

Cette ligne si près

De la Chute

De la Fin

 

***

 

Il y avait beaucoup de désarroi

De tristesse qui suintait

Sueur blême

Qui glaçait les visages

Les rendait de marbre

Gisants de pierre

Dans la douleur ossuaire

Des cryptes à la clarté grise

Mêlées de ténèbres

Confinées au district de la Mort

L’hébétude se répandait

Pareille à la peste

Noire

Dense

Edentée

Abrasive

Révulsive

Impudique

 

 

***

 

La Grâce

La Beauté

On les avait sacrifiées

A son urgence de vivre

A son désir opalescent

De devenir

Seigneurs et Maîtres

D’un Univers pris de folie

A sa volonté de tout soumettre

A sa PUISSANCE

Cette décision mortifère

De se mesurer aux dieux

D’en ravir les majestueuses forces

Les pouvoirs surnaturels

Les faveurs olympiennes

 

***

 

Seul le silence survivra 

 

 

Au loin

Dans une chambre secrète

Dans la demeurée certitude

De se vouloir humble

Seulement cette douce opalescence

Cette levée du Blanc

Dans le Gris méditant

Cette confiance en l’attitude

Du dénuement

Cette eau de source

Ce limpide événement

De l’Être venu à soi

Cette présence que réverbérait

L’image siamoise

Fondue en la paroi

Le signe du même

En sa simple émergence

Cette venue comme muette

Comme murmure en son enclin

Ce face à face du Rien

Et du Si Peu

Qui donnait consistance

A toute chose émise par une parole

A tout rêve dans ses contours de soie

A toute pensée en quête d’elle-même

 

***

 

La Forme était de neige

Droite

Unique

Hissée tout au bout

De son Destin

Regardait la chaise

Regardait l’ombre

Se regardait regarder

Ce qui était le plus précieux

ELLE dans son présent singulier

ELLE l’Effigie intimement disponible

Au souci de Soi

Pensait à l’orée de sa vision

Cette chose étrange

Aux yeux des incrédules

Seul le silence survivra 

Et le silence survivait

Et la Terre médusée

S’arrêtait de tourner

Il en est ainsi de toute

VERITE

Toujours se donne

Aux Êtres de solitude

Aux danseuses tristes

Qu’un tutu virginal vêt

De son tulle translucide

C’est un elfe de Degas

Qui esquisse un pas de deux

Un tourbillon d’écume

De Derviche Tourneur

Qui

Ici

A trouvé son

Repos

Car rien ne vient à la parole

Que le sans mouvement

L’immobile en sa façon d’Eternité

 

Seul le silence survivra 

 

 Aux turbulences des Hommes

Aux désirs des Femmes

Aux pluies de comètes

Aux étoiles filantes

Aux météores

Aux rires

Aux ors

 

***

 

Seul le silence

Il sera

L’aube

D’un

Nouveau

Jour

Silence

Il est tout près

Il est là

Debout

Dans la

Lumière

 

 

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