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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 08:29
Ce qui précède la nuit.

                                                                      Le silence

                                                Photographie : Livia Alessandrini.

 

 

***

 

Ce qui précède la nuit.

 

Chaud a été le jour

Dans sa tunique

D’été finissant.

Eté de la Saint Martin

 Disaient les uns.

Eté de Vireux

Disaient les autres

Eté Indien

Disaient quelques uns

Eté des Sauvages

Disaient encore d’autres

 

***

 

Et tous disaient

La même chose

Qui était l’allure du Temps

Le Vrai, le Temps qui passe

Non le temps qu’il fait

Car si nous sommes

Troublés

Par ce dernier

Nous sommes

Inquiétés

Par le premier

Et les poètes chantaient

Cette double Fête

Du temps qu’il fait

Du Temps qui passe

Celle des feuilles jaunes

Des feux au coin de l’âtre

Des lueurs de l’amour

Dans le rien des chaumières

 

***

 

Avec Jean Ferrat l’on chantait

 

« Quand le ciel était incertain

Nous faisions feu de quatre planches

L’amour demeurait bleu pervenche

À l’été de la Saint-Martin ».

 

Et les poètes chantaient

Cette double Fête

Du temps qu’il fait

Du Temps qui passe

De celui des Favorites

Du jardin semé d’étoiles

De l’effeuillement du jour

De la saison tardive

 

***

 

Avec Georges Brassens l’on chantait

 

« Viens encor', viens ma favorite

Descendons ensemble au jardin

Viens effeuiller la marguerite

De l’été de la Saint Martin ».

 

***

 

Ce qui précède la nuit.

 

Chaud a été le jour

Dans sa tunique

D’été finissant

On a couru les chemins

En manches de chemise

On voyait les dessous

Des Filles

Un pur bonheur

À vous chavirer l’âme

On voyait luire

Les pampres de la vigne

Leur constellation

Rouge et or

On voyait le bonheur

Suspendu

A chaque goutte

De sueur

 

***

 

Ce qui précède la nuit.

 

Chaud a été le jour

Dans sa tunique

D’été finissant

On est rentré au logis

Fourbu et le cœur

En

Exil

Il demeurait accroché

A telle belle feuille

A telle Belle

Dans sa robe pourpre

A telle Belle

Au corsage fleuri

Il demeurait

Et le Temps passait

Et l’on passait le Temps

A lisser dans les demeures

Ses moustaches à la Proust

A feuilleter les arcanes

De l’heure

Et le Temps passait

Et on l’accrochait à la faucille

De l’âme

Et l’on tissait le Temps

Une maille à l’endroit

Une maille à l’envers

Souhaitant que jamais cela

Ne finisse

Car le temps qu’il faisait

Nous tracassait

Le temps qui passait

Nous éreintait

 

***

 

Ce qui précède la nuit.

 

Chaud a été le jour

Dans sa tunique

D’été finissant

Dans les chambres

Où souffle le frais

Les pores exsudent

Leur trop plein

Les peaux stridulent

Dans l’ombre

Les sexes

Se cherchent

Se cachent

S’exaspèrent

Peut-être n’auront-ils

Le Temps

D’un été de la Saint Martin

D’un été de Vireux

D’un Eté Indien

D’un Eté des Sauvages

 

***

 

Ce qui précède la nuit.

 

Rouge est le ciel

Eclairée la lucarne

Noirs les toits

Blanc le silence

Tout en haut

La montagne

Regarde passer

Le temps

Qu’il fait

Le Temps

Qui passe

Celui des feuilles jaunes

Des feux au coin de l’âtre

Des lueurs de l’amour

Dans le rien des chaumières

 

***

 

Ce qui précède la nuit.

 

Jamais ne bruit

Jamais ne dit mot

Jamais ne s’insurge

Ce qui précède

Est seulement

Un sentiment

La palme

D’un ennui

Le reflet

D’un vide

Le luxe

D’un soupir

Le temps

Qu’il fait

Le Temps

Qui passe

Lequel nous parle

De nous

Lequel

De la Belle

Que jamais nous ne saisirons

Hormis dans le rêve

Oui dans le rêve

Mouchons la flamme

Il est temps

De dormir

Oui

De

 

D

O

R

M

I

R

 

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